Critique

Apocalypto

 
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Après «La passion du Christ», Mel Gibson signe une nouvelle fois un film dans une langue devenue quasiment morte, le dialecte maya. Ce souci d'authenticité est tout à son honneur et donne à son ouvre un aspect encore plus brut qu'elles ne l'est déjà. Attention, de la première à la dernière image (qui sont les mêmes) ce film est sauvage dans tous les sens du terme et à tous les niveaux. Gibson nous entraîne dans une course-poursuite de 2 heures 15. Cela commence par une chasse au tapir, puis les chasseurs deviennent chassés, mais pas pour les mêmes raisons. Si Jaguar Paw et les hommes de sa tribu chassent pour se nourrir, ils sont les proies d'une classe sociale plus aisée, mais devenu décadente et égocentrique. Une fois capturés vivants ils sont traînés dans une ville au centre de leur forêt pour être sacrifiés gratuitement à des dieux devenu aussi dépravés que ceux qui les ont inventés. Et c'est à la chaîne que s'opère ce rituel barbare. Quand Jaguar Paw et ses infortunés compagnons parviennent dans cet endroit, la boucherie a déjà commencé depuis longtemps. Survient une éclipse de soleil, signe que les dieux sont rassasiés. Au lieu de rendre leur liberté à ceux qui ont manqué la mort de près, les maîtres à penser de cette cité, leur «offrent» la possibilité de parcourir une étendue à découvert entre la ville et la forêt, sous le feu nourri de leurs projectiles. Jaguar Paw parvient à atteindre la lisière de la jungle, mais il est pris en chasse par quelques hommes avides de tuer.

Gibson opte pour un cadre en pano 1:1,85 pour ne pas écraser la hauteur des arbres de la jungle ni celle de la cité, et aussi pour que rendent au maximum les nombreuses vues subjectives qui émaillent le film dont celle, hallucinante, d'une tête roulant le long de la pyramide. Son montage est sec, rythmant l'action trépidante pour donner à l'ensemble l'aspect une longue course contre la mort en ce qui concerne Jaguar Paw. Le montage est à l'image de ce personnage qui découvre l'horreur sous une nouvelle facette en un lapse de temps très restreint.

Apocalypto est une oeuvre très intelligente car elle montre comment l'homme, sous couvert de civilisation, devient un loup pour l'homme. Effectivement où chercher la décadence humaine si ce n'est dans l'ambition présomptueuse et monstrueuse de certains au détriment des autres?

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