Critique

Boulevard de la mort - un film Grindhouse

 
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Il fallait bien que cela arrive un jour, Tarantino signe son plus mauvais film. Cela part pourtant assez bien, quoique classique chez lui avec générique cheap et longue conversation, mais cela se gâte très vite. Premièrement il ne tient pas son concept de film pourri, griffé, avec sauts d'image et de son plus d'une heure, pour nous balancer une scène en noir et blanc de manière totalement gratuite, c'est-à-dire, sans point de vue aucun, puis revient à la couleur mais avec une pellicule immaculée et exempte de défauts. Et deuxièmement, le monsieur se regarde filmer tout comme ces actrices se regardent jouer. Seul Kurt Russell tire son épingle du jeu en campant un personnage tout droit sorti des pires daubes de Russ Meyer, il est jouissif.

Mais à trop vouloir satisfaire les geeks qui constituent la majorité de ses fans, Quentin oublie que son film sera vu par d'autres et il nous sert une interminable bouillie faite de dialogues dignes des tags ornant certaines chiottes publiques, sans humour vachard comme il nous avait habitué jusqu'alors. Son film devient aussi bavard que du Woody Allen et il atteint les limites de son art déjà en perdition dans Kill Bill, collage finalement très m'as-tu vu où seule la forme prévaut au détriment du fond. Ici il enchaîne des scènes les unes derrière les autres qui ne raviront que ses fans décérébrés, dénués d'esprit critique face à leur dieu. Reste une très bonne scène de meurtre (une pour du grindhouse, c'est un peu mince) et se vautre dans des discussions longues et ennuyeuses avec des poufiasses qui ne cessent de se traiter de bitches entre elles tout au long de ce métrage deux fois trop long.

Bref, défendre cette chose revient au même que d'aduler les dernières taches de Godard, une branlette cérébrale qui montrent bien que les extrêmes finissent toujours par sombrer dans le n'importe quoi, qu'elles soient intellos à outrance ou débilement ancrés dans ce que certains osent encore appeler la sous culture. Laissons lui encore faire son film de guerre «Inglorious Bastards». Peut-être parviendra-t-il à nous surprendre au lieu de se confiner dans ce qui a fait sa renommée et qui commence à le faire courir à sa perte.

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