Critique

Carre d'as

 
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Cette toute petite chose est l'une des pires hontes du film de gangsters. D'abord, le scénario est prétexte à allonger des séquences déjà interminables dans le seul but de soi-disant amuser la galerie. L'humour est digne des pires bars poisseux du fond de l'Ouest américain, à savoir plus que lourd et terriblement gras. D'ailleurs si ce film était un repas, ce serait de la graisse frite à la graisse et enrobée de graisse. Il n'y a absolument rien qui ne dégouline pas. Et malheureusement, il manque le décalage nécessaire à ce genre de produit pour susciter le moindre intérêt. Les personnages ne sont que de vagues idée, sans aucun corps, sans parler de l'esprit, avec la palme aux deux négresses (terme qu'elles utilisent sans arrêt pour se définir entre elles) tueuses qui sont tout droit sorties de l'esprit ò combien détestable «bling-bling» cher à MTV qui prône ouvertement l'attrait à l'argent, au sexe et à la violence. Elles sont à l'image du reste : RIDICULES. Ce film est tellement en panne d'idée qu'il ose un crime de lèse majesté : reprendre «La mort d'un soldat» composé par Ennio Morricone pour la fameuse séquence de torture du «Bon, la brute et le truand» en l'associant à une scène grotesque, marquant ainsi un décalage totalement gratuit, genre : «Tiens, si on mettait du Morricone pour faire comme Tarantino». Mais cela ne prend pas.On dirait que le réalisateur cherche à faire n'importe quoi, n'importe comment et il parvient très bien. Les scènes de flingages sont elles aussi complètement à côté de la plaque, car tout le monde à des chargeurs contenant 100 balles au minimum et, quand on arrive vraiment au néant côté idées, on provoque une pénurie de munitions qui intervient trente minutes trop tard. On a aussi droit à un trio de néo-nazis débiles qui ne trouvent rien de mieux pour tenter en vain un trait d'humour que de se dessiner une moustache hitlérienne : rires gras assurés. Rajoutons l'une des séquences les plus tartes mettant en avant une tronçonneuse, des femmes représentées soit sous formes de putes, soit sous forme de gros machos auxquels il ne manqueraient que les attributs génétiques du mâle pour qu'elles participent à des concours de beuveries, un langage non stop ordurier, et vous obtenez l'une des pires épreuves que doivent endurer les toiles blanches en ce début d'année. A éviter et, si le mal est déjà fait, à vite oublier.

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