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Factotum

 
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Bienvenue dans l'univers de Charles Bukowski, rappelez-vous cet immense auteur américain porté sur la bouteille que Bernard Pivot avait dû virer du plateau d'«Apostrophes» pour cause d'ébriété. Dans ce film, Matt Dillon est l'alter ego de l'écrivain que l'on suit dans son existence de tous les jours. Volontairement en marge de toute convention, Hank Chinaski ne travaille que quelques heures par jour pour pouvoir subvenir à ses besoins d'alcoolique. Ses rencontres l'emmènent dans un monde qu'il retranscrit dans ses récits. Et l'on assiste à une galerie de personnages hauts en couleurs comme Jan (Lilli Taylor) avec qui Hank comble sa sexualité ou Laura (Marisa Tomei) qu'il rencontre dans un bar. Cette dernière lui présente Pierre (Didier Flamand), un Français qui vit au milieu d'un véritable harem. Difficile de parler d'un film basé sur l'univers de Bukowski, car les propos peuvent parfois sembler incohérents comme le sont ceux des dépendants à l'alcool. Mais Bent Hammer, cinéaste scandinave atypique à qui l'on doit «Kitchen Stories» ou l'hallucinant «Eggs», ne cherche pas à nous faire apprécier Hank. Il utilise sa caméra comme un entomologiste et nous fait partager la vie de Hank sans ne jamais la juger. Du coup, on est en face d'une uvre intelligente dont l'humour n'est pas absent. Pour finir, il est clair que «Factotum» repose beaucoup sur les épaules de Matt Dillon qui réalise là une performance que les votant des Oscars ne devraient pas négliger, espérons-le.

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