Critique

Flandres

 
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Bruno Dumont, metteur en scène essentiel du cinéma français, et du cinéma tout court, frappe une nouvelle fois la rétine et l'esprit avec son quatrième film après les incontournables La vie de JésusL'humanité et Twentynine palms. Cet ancien prof de philo, adepte du naturalisme le plus poussé, livre avec Flandres une réflexion pertinente et imparable sur la nature humaine, thème récurent de sa filmographie. En sondant l'humanité des êtres, il traite également, et logiquement, de leur inhumanité. Chez Dumont, pas d'artifice ni d'apprêts, pas de ficelles scénaristiques vulgaires, nul vernis ni dorure, on est ici dans l'épure, le brut, le cœur de toute chose. Scrutant jusqu'à la moelle le comportement des personnages et leur attitude face à une situation donnée, le réalisateur excelle à susciter la réflexion la plus profonde chez le spectateur. En mêlant histoire d'amour et film de guerre, Dumont nous renvoie notre propre image, notre propre nature, et notre propension à en faire ressortir le meilleur, le pire, ou les deux….

On pourrait faire ici un parallèle avec la philosophie japonaise, laquelle considère qu'aucun être humain ne naît bon ou mauvais, mais que le bien et le mal cohabitent en chacun de nous, et que ce sont nos choix et nos actes qui font prévaloir l'un ou l'autre.

Flandres possède une force brute exceptionnelle, que ce soit dans la manière frontale de filmer les magnifiques paysages du nord de la France, que dans l'explosion de barbarie que possèdent certaines scènes, dont une à la limite du soutenable, mais bien entendu aucunement gratuite.

Les acteurs, non professionnels, sont tous fabuleux et forcent l'admiration.

Bruno Dumont, à travers ce film, nous secoue, nous met mal à l'aise, nous pousse à réfléchir, et, accessoirement, livre le meilleur film français depuis le début de l'année. Ni plus ni moins.

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