Critique

La vérité nue

 
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Atom Egoyan signe une uvre aussi sensuelle par sa mise en scène que troublante par son propos. Il nous immerge dans le monde pas très sympathique de deux stars de la télévision américaine en 1959. Lanny Morris et Vince Collins sont les présentateurs vedettes du téléthon, mais cette année-là, on retrouve le corps d'une jeune fille dans leur chambre d'hôtel. Evidemment, grâce à leur notoriété, ils parviennent à se sortir d'affaire. Que s'est-il passé? Par un caléidoscope dont il a lui seul le secret, Egoyan mêle très astucieusement les faits et l'enquête d'une jeune journaliste qui, pour parvenir à ses fins, n'hésite pas à se rapprocher physiquement des deux anciennes stars du petit écran, quinze ans plus tard. En gros, et c'est le point fort du film, la fouineuse utilise la perversion pour mieux confondre ses sujets. Sous les paillettes d'un monde hypocrite par excellence, elle découvre la fange d'êtres abjects à l'égocentrisme démesuré. Kevin Bacon et Collin Firth sont tout bonnement parfaits dans leurs rôles de parvenus retords et Alison Lohman leur tient tête de manière remarquable. Egoyan montre une nouvelle fois, qu'il est un cinéaste captivant dont la matière première très riche est la noirceur dont peut faire preuve l'âme humaine.

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