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Le parfum: histoire d'un meurtrier

 
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Le visage d'un jeune homme dans la pénombre s'avance dans la lumière, seul son nez s'éclaircit. C'est avec ce plan génial que s'ouvre l'adaptation du Parfum de Patrick Süskind par Tom Tykwer. Après être passé entre les mains de Stanley Kubrick, puis de Roman Polanski, ce projet existe maintenant et il est le fruit magnifique du réalisateur de Lola rennt. Le cinéaste allemand réussit donc à mettre en image ce monument de la littérature du XXè siècle, réputé inadaptable avec brio.Ben Whishaw dans le rôle de Jean-Baptiste Grenouille est le premier atout de cette totale réussite. Il est charismatique en diable et offre à son personnage tout sa détermination et son arrogance que l'on retrouve dans la scène clef où il refait à l'identique un parfum existant sous les yeux du vieux maître Baldini, interprété par un Dustin Hoffman en très grande forme. La partie consacrée à l'enfance du héros touche au sublime grâce à la personnalité des différents interprètes selon les âges avec une palme au bébé qui transcende les quelques séquences qui lui sont consacrées.L'ambiance générale du film est parfaitement retranscrite par la photo, les décors et les costumes. On sent la pourriture de Paris ou la fraîcheur de Grasse sans que l'on y décèle quelques artifices qui soient. Tykwer utilise un montage très serré pour illustrer ce que sent Grenouille et l'effet est remarquable. Les infographistes ont recréé les ponts de la Ville Lumière, affublés de parts et d'autres d'impressionnants immeubles de manière absolument bluffante, avec l'écroulement de la maison de Baldini en point d'orgue. Tout au long de cette merveille, on perçoit cette obsession qu'a Grenouille de créer le parfum ultime. La mise en scène ne quitte jamais son sujet et Tykwer nous offre l'un des plus beaux plans jamais imaginés et pourtant terriblement audacieux : un travelling en vue subjective de l'odeur du fameux parfum survolant une foule immense tombant en transe sous son passage. Avec l'aide de ses complices habituels Johnny Klimek et Reinhold Heil sous le label Pale 3, Il signe aussi une partition qui force le respect.Le roman de Süskind méritait un écrin à sa hauteur et Tom Tykwer lui en a fabriqué un de toute beauté.

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