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Le territoire des morts

 
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Cette année, le Festival de Cannes a enfin reconnu l'un des cinéastes américains les plus importants en projetant 20 minutes de «Land of the Dead» lors d'une séance de minuit. Il était temps que l'on soit sensible à l'uvre de ce cinéaste atypique, en marge des studios et des indépendants. A travers tous ses films, Romero fait preuve d'un sens civique et social qui n'a rien n'à envier à celui de Michael Moore.A travers une histoire de zombies maintes fois explorée, Romero parvient à dresser un portrait de son pays qui entre dans une phase de déclin inévitable. Il fait voler en éclats tous les clichés. Il invente une race de zombies en mutation avec l'homme, capable de ressentir leurs anciens réflexes d'humains et de communication. En face, l'on trouve trois représentants du monde humain actuel. Il y a d'abord les laissés pour compte, considérés comme de la marchandise ou des outils qui sont livrés à eux-mêmes dans les bidons villes. Et, dans une forteresse de béton, siège un ramassis de nantis mené par l'excellent Dennis Hopper. Ces derniers évitent les velléités de révolte de ceux d'en bas en leur offrant des jeux proches de ceux du temps des gladiateurs de la Rome Antique et se paient, grâce à la troisième catégorie humaine, une milice anti-zombies.Mais qu'ils fassent partie d'une ou l'autre de ces classes sociales, les humains de Romero ne sont mus que par un seul moteur : l'arrogance. Alors le cinéaste leur oppose un groupe de zombies soudé et solidaire menés par un ancien garagiste noir. Et comme, le cinéaste prend un malin plaisir à tout traité à rebrousse poil, il réussit l'ultime coup de force en matière de film de zombies : le spectateur prend fait et cause pour les créatures de l'enfer plutôt que pour les humains.

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