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L'Ours en moi

 
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Deux hommes parmi les ours

Fasciné par les ours depuis sa plus tendre enfance, Roman Droux accompagne le biologiste David Bittner pendant trois mois en Alaska au milieux des grizzlis. Le résultat est un documentaire passionnant qui préfère l’observation et la rigueur scientifique au divertissement spectaculaire.

Après une brève introduction évoquant sa fascination pour les ours depuis toujours, son rêve de les filmer au plus près et sa rencontre avec le biologiste passionné de plantigrades, David Bittner, Roman Droux débarque en Alaska. Les premières images de ce coin perdu reflètent parfaitement l’émerveillement du cinéaste qui peut enfin concrétiser des mois de préparation constitués de théories, de centaines de photographies et de dizaines d’heures de documents filmés. Avec David, ils installent leur camps qui va leur servir d’habitation pendant trois mois. Tout est réfléchi pour assurer au mieux leur sécurité et ne pas perturber la tranquillité des ours. Les vivres sont enfermées dans des caissons hermétiques et une clôture électrique discrète ceint le petit territoire qu’ils se sont approprié le temps du tournage.

Contrairement à bon nombre de produits visibles sur différentes chaînes de télévision ou de streaming qui ne cherchent qu’à épater la galerie par leur côté exclusivement spectaculaire, L’Ours en moi se base sur l’observation et l’étude scientifique. N’attendez pas que David ou Roman se mettent en danger en essayant par exemple de toucher les grizzlis pour s’en vanter. La notion de contact est ici totalement différente car elle consiste à comprendre l’animal en l’observant et en suivant son comportement et ses réactions. On découvre que ces grosses bêtes impressionnantes broutent en attendant l’arrivée des saumons dont ils se gavent afin de pouvoir passer l’hiver lors de leur hibernation. Le film n’élude pas non plus la cruauté de cette nature sauvage. Suivant une mère et ses trois petits, Roman et David constatent que l’un des oursons, moins dégourdi que les autres pour se nourrir, est petit à petit laissé de côté. Trop faible, il ne peut faire face à l’adversité et finit par devenir une victime de la sélection naturelle. Et il y a un instant de grâce absolue quand deux immenses mâles s’adonnent à des caresses d’une tendresse incroyable proche de la plus pure sensualité. Ces moments mémorables n’ont pu être capturés par les deux hommes que grâce à leur démarche d’observateurs et à leur patience. Ils sont un témoignage fort de ce qu’ont pu voir Roman et David et n’auraient jamais pu être saisis dans leur majesté naturelle s’ils avaient été mis en scène ou provoqués.

Avec L’ours en moi, Roman Droux restitue parfaitement ce qu’il a vécu en compagnie de David Bittner au milieu des grizzlis d’Alaska. On ne peut que le remercier de nous faire partager cette expérience à travers ce film magnifique qui rend honneur à l’animal et à l’humilité de la démarche humaine pour parvenir à une telle réussite.

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