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T'as pécho?

 
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Le sexe contractualisé

Dans T’as pécho?, son premier long métrage, Adeline Picault, se focalise sur l’importance du paraître dans l’univers de l’adolescence, à travers une comédie principalement destinée à la jeunesse urbaine actuelle. Les limites de l’intérêt sont vite atteintes.

Pour assister à la fameuse fête de la reine du lycée, sorte de stéréotype de la fille bourgeoise par excellence, il faut avoir déjà pécho, à savoir être sorti avec quelqu’un. N’ayant comme seul expérience dans le domaine pour l’instant d’avoir touché les seins habillés de l’hôtesse dans un contexte ludique de pari idiot et se faisant appeler depuis lors "nichonneur" par tout le lycée, Arthur propose à Ouassima qu’elle donne des cours de drague à lui et à trois de ses camarades. Cette dernière accepte contre paiement.

Le film va donc essayer par le truchement de la comédie de faire une sorte d’état des lieux de l’obsession des jeunes pour la sexualité qui serait selon eux un passeport pour l’âge adulte. Malgré une interprétation convaincante, il peine très vite à susciter le moindre intérêt pour cette bande de bras cassés, certes sympathiques mais trop caricaturaux. La faute incombe surtout au manque flagrant de point de vue externe à la vie du lycée par une peinture grossière des adultes qui ne font que représenter la hantise des adolescents à leur ressembler un jour ou l’autre. Au final, on assiste à une très gentille comédie sans grande envergure ni saveur pertinente.

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