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Star Wars: L'Ascension de Skywalker

 
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Voilà, c’est fini...

Débutée en 1977, la saga Star Wars sur grand écran prend fin dans un neuvième épisode plus «Shakespeare trendy» que jamais où, entre deux scènes de combat, on cherche à savoir qui a couché avec qui pour enfanter telle ou tel. Cela reste très limité.

Dans son ensemble, à part quelques trouvailles technologiques, Star Wars ne brille pas par son originalité. Dès le premier épisode de la série, on sentait très clairement l’influence assez lourdingue de lorgner du côté du plus célèbre dramaturge anglo-saxon, William Shakespeare. En gros, son univers impitoyable et ce qui le régit ne serait issu que d’un ou deux clans familiaux qui ne cessent de se tirer dans les pattes pour obtenir le pouvoir. Allégorie, pour ne pas dire publicité, du capitalisme, cette série de films est devenue culte pour différentes raisons. Les uns la vénèrent pour ses saillies techniques, d’autres (les plus fanatiques) y trouvent une atmosphère qu’ils aimeraient être la leur et pour pouvoir y retourner régulièrement, et certains y voient ni plus ni moins que le sommet de l’art cinématographique moderne sans toutefois trouver des arguments le justifiant pleinement. Mais, malgré des chiffres astronomiques au box-office, il ne faut pas oublier que cette saga peut aussi laisser indifférent, voire atterré par son succès et son emprise sur une grande partie de la population. La force et le côté obscur de cette énormissime entreprise commerciale résident dans son fan club qui peut se montrer aussi antagoniste que certains de ses personnages.

Sa force est d’avoir généré une communauté impressionnante sur plusieurs générations, devenant quasiment un mode de vie culturel pour certains. Son côté obscur est d’être devenu au fil des épisodes une sorte de dépendance intellectuelle comparable à une drogue ou à un lavage de cerveau. Cette saga relève aussi un problème de taille car ses fans les plus enragés pensent à tort qu’elle leur appartient, au détriment de leurs créateurs légitimes. Cette tendance assez malsaine est devenue récurrente avec l’avénement des réseaux sociaux où, souvent sous couvert de la liberté d’expression, tout le monde croit que tout lui appartient et peut l’exprimer de la sorte. Cette chimère tacitement acceptée comme une vérité à l’heure actuelle est, elle aussi, le pur produit d’un capitalisme néo-libéral qui laisse de moins en moins de place à la créativité et à l’art parce qu’elle ne repose que sur un seul résultat acceptable: plaire au plus grand nombre.

De cet épisode dont le sous-titre répond clairement aux attentes du public, on retiendra quelques références à Dune, une autre saga de science-fiction qui reverra bientôt le jour sous l’objectif de Denis Villeneuve: les vers géants des sables et on apprend que par le passé, Poe Dameron était trafiquant d’épice. On a aussi droit à quelques dialogues qui cautionnent la technomanie quand, par exemple, on déclare qu’il ne faut jamais sous-estimer un droïde. Et parfois, on sombre dans une philosophie bon marché, genre développement personnel, comme le fait Leia face à Rey: «N’aies jamais peur de qui tu es.» Et finalement, on conclura en se demandant comment le titre original (guerres de l’étoile) s’est transformé dans sa version française en Guerre des étoiles. Etonnant, non?

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