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Le Roi Lion

 
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Il était une seconde fois dans la savane

Tout ce que cette version «hyperréaliste» d’un des plus gros succès du film d’animation gagne en prouesse et froideur technologiques, elle le perd en poésie et en fantaisie.

Plus qu’une tradition chez Disney, refaire tous ces classiques animés en versions «live» est désormais devenue une manie et une preuve que l’immense major a un très gros problème de reconnaissance envers les professionnels de la branche scénaristique, dans sa branche originale et créative. Le terme de remake prend tout son sens et on pourrait même parler de rénovation tant on a l’impression de revoir le film de Roger Allers et Rob Minkoff. Et ce n’est pas l’ajout pseudo féministe 2.0 très à la mode dans la chanson de Nala (Beyoncé) qui renouvelle quoi que ce soit. C’est le même scénario, les mêmes personnages et la même musique. On se retrouve avec une photocopie de l’original juste passée aux cribles des dernières innovations technologiques qui permettent de faire des films sans avoir besoin de se déplacer, sans acteur en chair et en os et donc, il faut l’avouer, sans beaucoup d’imagination. Mais ne sont-ce pas les contraintes d’un décor, d’une météo ou d’un jeu de comédiens qui font le sel de l’existence même de la réalisation d’un film et qui forcent leurs créateurs à avoir recours à leur créativité, leur art?

Jon Favreau est un excellent artisan et il l’a déjà prouvé à maintes reprises, mais ce n’est pas du tout un artiste créatif. Il se contente de faire confiance aux techniques qui lui permettent de parvenir à son résultat. Et là oui, effectivement, il faudrait être d’une mauvaise foi sommitale pour ne pas reconnaître que le travail que l’on a sous les yeux et tout bonnement irréprochable. On félicite aussi le fait que ce Roi Lion ne sombre pas dans l’anthropomorphisme exacerbé, nous évitant ainsi de voir pleurer des animaux pas exemple. Bon, ils parlent, et en matière d’anthropomorphisme ça se pose là, mais c’est tellement bien fait que l’on a aucun mal à se dire: «Pourquoi pas après tout?» C’est peut être la seule vraie fantaisie que se permet ce long métrage trop parfait pour être vraiment bouleversant.

L’humour, très présent dans l’oeuvre de 1994, ne se résume ici qu’aux dialogues: fini les délires visuels qui accompagnaient Timon et Pumba. Cet hyperréalisme atteint vite ses limites et fait perdre au film toute la folie et la fantaisie qui qualifiait la version d’il y a un quart de siècle. Cela reste toutefois un moment particulièrement spectaculaire et une fable qui aborde des thèmes importants comme la famille désolidarisée, la culpabilité, les limites de l’épicurisme ou encore le recours à la vengeance.

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