Critique

3 Billboards, Les panneaux de la vengeance

 
Critique par |

                                                  Publicité et justice

Le réalisateur irlandais s’approprie des codes du cinéma de genre pour la troisième fois, avec une méditation foudroyante sur la vengeance et les rapports familiaux. 

On voit souvent des grands panneaux publicitaires voulant nous vendre tout et n’importe quoi, qu’il s’agisse de produits pour la maison, billets de concerts ou promesses électorales. Ce n’est pourtant pas ce qui se passe dans la petite ville d’Ebbing, en Missouri. Là, trois panneaux accusent la police locale, notamment le chef Willoughby (Woody Harrelson), de n’avoir pas accordé la bonne attention à un cas de viol, torture et meurtre qui a éteint la vie d’une adolescente. Ce message a été affiché sur initiative de la mère de la victime, Mildred Hayes (Frances McDormand), qui se trouvera opposée à une grande partie de la communauté dans sa quête de justice.

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri est le troisième long métrage du cinéaste irlandais Martin McDonagh, auteur de Bons baisers de Bruges et Seven Psychopaths. Le dramaturge devenu réalisateur aborde un microcosme américain avec un goût du dialogue typiquement européen, en signant des conversations qu’on entendrait très difficilement dans une véritable production états-unienne, surtout au niveau de l’usage de certains mots quasiment tabou en territoire américain. Le racisme, l’homophobie et la violence sexuelle sont au centre d’interactions bourrées d’humanité, qui rendent le récit crédible même quand il frôle l’extrême ou le cliché.

Il est difficile de ne pas penser, certaines fois, aux frères Coen, en raison de la présence rayonnante de Frances McDormand, épouse de Joel Coen. Rarement aussi bien utilisée en dehors des projets de famille, l’actrice est époustouflante soit dans les scènes individuelles soit aux côtés d’Harrelson et de Sam Rockwell, pour un trio de prestations qui montrent la vitalité du meilleur cinéma indépendant américain, même s’il a un auteur joyeusement européen.

En savoir plus sur Max Borg

CONCOURS Gagnez des goodies et des places pour aller voir le film

Participer