Critique

Santa & Cie

 
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Heureusement que Chabat est là pour rehausser le pitoyable niveau général de la comédie française actuelle.

Extrêmement soigné visuellement (format 2.39:1 utilisé à merveille, très belle photo d'Antoine Sanier), le film de l'ex-Nul bénéficie en outre d'une mise en scène inspirée, tant dans les séquences intimistes que dans la course en traîneau final au-dessus des Champs-Elysées. Déroulant un propos déjà-vu des centaines de fois autour de l'amour des autres, Chabat le double d'une réflexion sur le pouvoir salvateur de l'imaginaire (voir à ce titre la séquence très noire exposant un monde dans lequel les enfants auraient cessé de croire au Père-Noël), qui donne au film une profondeur, une puissance émotionnelle et un enjeu dramatique bienvenus.

Au-delà de ce substrat dramaturgique, Santa et Cie comporte une multitude de scènes très drôles, même si dans le lot, certaines tombent ici et là à plat. On regrettera également une musique un peu trop marquée à la guimauve, mais ce cinquième film de Chabat réalisateur s'inscrit clairement comme l'une des meilleurs comédies françaises de ces dernières années.

Ajoutez à celà des références furtives à l'époque bénie des Nuls (Red is Dead, le professeur Thibaut...), des acteurs plus que convaincants (mention spéciale au faux Père Noël Bacri), des effets spéciaux de grande classe, et vous ne pourrez sortir de la salle qu'avec le sourire aux lèvres et quelques larmes dans les yeux.

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