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Star Wars: Episode VIII - Les Derniers Jedi

 
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                                             Les nouveautés de la Force

Rian Johnson signe le huitième épisode principal de la saga créée par George Lucas, en s’appropriant la galaxie lointaine pour l’emmener dans des endroits inédits sur le plan géographique, thématique et philosophique.

En 2015, la saga de Star Wars a eu une nouvelle vie en salle grâce à la sortie de l’Episode VII, Le réveil de la Force. Un opus spectaculaire, réalisé par J.J. Abrams, qui a réintroduit tous les éléments qu’on aimait de cet univers magique mais aussi attiré des critiques parce que selon certains il n’y avait rien de nouveau sous le double soleil de Tatooine. Or, comme Jurassic World quelques mois avant, le but principal du septième volet était justement de nous rappeler pourquoi nous sommes tombés amoureux de ce monde et obtenir de nouveau notre approbation après les dégâts de la deuxième trilogie. Comme l’avait déjà prouvé Rogue One l’an dernier,  Lucasfilm se sent maintenant libre de faire tout le possible avec cette galaxie lointaine. Voilà donc Les derniers Jedi, écrit et réalisé par Rian Johnson, dont la précédente incursion dans la science fiction avait produit le sublime Looper.

Après la défaite à la fin du film précédent, le Premier Ordre n’est pas encore prêt à se rendre, et la poursuite des troupes de la Résistance se fait toujours plus impitoyable. Pendant que Leia Organa (Carrie Fisher, à qui l’Episode VIII est dédié) essaie de maintenir l’espoir en vie, Rey (Daisy Ridley) vient de trouver Luke Skywalker (Mark Hamill), qui avait disparu sans laisser aucune trace. L’ancien maître Jedi sera-t-il capable d’apporter l’aide nécessaire pour vaincre le mystérieux Snoke (Andy Serkis)? Rey pense que oui, puisque Kylo Ren (Adam Driver) est rongé par les remords après avoir tué son père, Han Solo.

Les éléments reconnaissables sont tous en place: le texte initial, la musique de John Williams, les droides, les sabres laser, les discussions sur la Force, cette entité mystérieuse qui domine la saga dès le début et qui a engendré le contenu le plus discutable de la deuxième trilogie. Et pourtant, Les derniers Jedi n’est pas du recyclage, comme croiraient les plus cyniques.  Johnson, qui semble avoir eu droit à une liberté créative plus large par rapport au travail d’Abrams, aborde des sujets connus avec un œil critique, en remettant en question certaines choses qu’on croyait savoir de cet univers au potentiel infini. C’est notamment Hamill qui surprend le plus, en retrouvant Luke après trente ans. «L’heure des Jedi est finie», dit-il avec une lucidité mélancolique qui résume parfaitement l’esprit de cet épisode: il faut penser au futur, oublier la nostalgie. Laisser mourir le passé, comme dirait Kylo Ren.

Certaines modifications passeront pour du sacrilège auprès de certains, qui ont élevé Star Wars au même statut mythique que les Jedi dans les légendes que Luke contredit en parlant avec Rey. Mais ce sont des changements nécessaires, car on a beau être face à des histoires qui se passent il y a longtemps, même les mythes ont besoin d’un renouveau. Après avoir passé deux heures et demie avec une aventure spectaculaire et touchante qui amplifie aussi l’univers visuel de la saga (voir le casino galactique ou le désert de sel où a lieu une des grandes batailles), on peut dire que le futur est incertain. Et cela est un aspect positif. Quarante ans après ses débuts, la lutte éternelle entre les deux côtés de la Force est encore capable de nous surprendre. Raison de plus pour se déplacer dans les salles obscures, et vivre cette sensation d’émerveillement que le meilleur cinéma nous donne depuis toujours.

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