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Coco

 
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                                          La mémoire immortelle

Le nouveau long métrage de Pixar aborde la culture mexicaine par le biais de la fête des morts, en explorant le sujet de la mémoire et de la famille avec intelligence, humour et sentiments forts. Un joyau pour toute la famille.

Lee Unkrich, membre de l’équipe Pixar dès le début (il s’est occupé du montage du premier Toy Story en 1995), a fait son début derrière en tant que réalisateur en 2010 avec Toy Story 3, un des sommets artistiques du studio d’animation fondé par John Lasseter. Il revient, sept ans plus tard et avec la collaboration d’Adrian Molina, avec Coco, un long métrage très attendu non seulement pour son concept intrigant mais aussi parce qu’il s’agit d’un récit original, ce qui fera la joie des sceptiques qui craignent un excès de suite dans le catalogue Pixar (les deux prochains films du studio sont d’ailleurs Les Indestructibles 2 et Toy Story 4).

Comme dans la trilogie des jouets, l’enfance joue un rôle essentiel dans Coco. Le personnage principal est en fait un jeune garçon, Miguel, passionné de musique. Or, ceci est un problème car cette activité est totalement interdite au sein de la famille du gamin: l’arrière-arrière-grand-mère de Miguel fut quittée par son mari musicien, et tout le monde souhaite que le garçon apprenne le métier ancestral de la cordonnerie. Lui veut, bien entendu, poursuivre ses rêves et devenir comme son idole Ernesto de la Cruz, le plus grand musicien de tous les temps. Il vivra pourtant une aventure bien différente, lorsqu’il entre en contact avec un autre monde dans le cadre du Jour des morts…

Coco est un portrait fascinant et divertissant de la culture mexicaine, qui est représentée avec une bonne dose d’humour mais jamais sans respect: le travail de recherche au niveau conceptuel et visuel est évident, et les voix originales sont toutes d’acteurs d’origine sud-américaine, si l’on exclut la présence obligatoire de John Ratzenberger. Le récit est cependant très universel, avec une excellente intégration des éléments que l’on connaît et apprécie chez Pixar et Disney (les animaux, la musique, les relations familiales) dans un contexte spécifique. Et encore une fois on ne peut qu’admirer en silence l’évolution de la technique d’animation digitale, avec des petits détails comme des feuilles magiques ou des corps pas solides qui enrichissent un univers impossible à imaginer il y a une dizaine d’années.

Les merveilles techniques vont avec un travail solide et surprenant sur le plan émotionnel, un crescendo qui arrive même à dépasser Inside Out au niveau de l’effet que certaines scènes peuvent avoir sur le spectateur (impossible de ne pas pleurer à certains instants quand Miguel parle avec son arrière-grand-mère, qui partage son surnom avec le titre du film). Une sacrée affaire de famille, à l’écran et derrière la caméra, à voir plusieurs fois avec tous ceux qu’on aime. Le rendez-vous au cinéma pour tous les âges à la fin de l’année a rarement été aussi puissant.

Petite note technique: selon la salle, le film est précédé du charmant court métrage Olaf’s Frozen Adventure, une vingtaine de minutes de divertissement scandinave avec le sympathique bonhomme de neige qui s’essaie aux célébrations de Noël. 

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