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120 battements par minute

 
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La France contre le sida

Le monteur de Laurent Cantet signe un film engagé sur les actions de Act Up au début des années 90. Assez intelligent mais aussi très conventionnel et un peu trop long.

Sélectionné pour la première fois à Cannes, et en compétition, Robin Campillo, scénariste et monteur chez Laurent Cantet et réalisateur de Eastern Boys et Les Revenants, a débarqué avec son troisième long métrage, 120 battements par minute. Une histoire engagée qui fera discuter, mais pas forcément pour ses qualités cinématographiques (après la séance cannoise on s’est posé des questions sur la pertinence de sa place dans la compétition au-delà du statut de Campillo et de l’importance du sujet traité).

Nous sommes à Paris, en 1992. Le sida fait toujours plus de victimes et le gouvernement français n’a pas l’air de vouloir faire quelque chose de concret pour combattre ce problème. Ce sont donc les activistes de Act Up qui feront de leur mieux pour ouvrir les yeux des gens sur une épidémie autour de laquelle circulent beaucoup d’incompréhensions. Le tout est raconté surtout du point de vue de Nathan (Arnaud Valois), nouvelle recrue du groupe.

Campillo adopte un regard à la fois multiple et individuel, en racontant des faits inspirés de la réalité à travers l’action collective et le destin de certaines personnes en particulier, au service d’un récit qui fera pas mal de bruit en raison de ses propos sur une page pas très positive de l’histoire française. Cela dit, les propos en question sont mis en scène de manière soignée mais élémentaire, avec plusieurs longueurs au nom d’un discours intéressant, certes, mais qui est passablement alourdi par les instincts dramatiques du réalisateur.

Les comédiens s’engagent aussi, avec des prestations puissantes qui auraient bénéficié d’une approche plus subtile et moins ouvertement prêcheuse. Ce qui ne signifie pas que 120 battements par minute soit un mauvais film. C’est juste un produit qui aurait pu être beaucoup plus que ce portrait bien fait mais schématique d’une époque qui mérite d’être racontée comme il faut. 

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