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Baby Driver

 
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Car Car Land

Edgar Wright signe un ovni cinématographique qui rend hommage aux films d’action des années 70 ainsi qu’aux comédies musicales d’antan. Une bande-son envoutante et un casting d’exception contribuent à la réussite du film le plus cool de l’été 2017.

Il y a trois ans, Edgar Wright était censé réaliser Ant-Man, un des nombreux longs métrages produits par Marvel, mais il quitta le projet juste avant le tournage. Ce fait provoqua un mécontentement général auprès des fans, mais il semblerait que cela ait été positif des deux côtés: le Ant-Man tourné par Peyton Reed n’est pas mal du tout, et on ne sait pas si les engagements chez Marvel auraient permis à Wright de signer Baby Driver, le film le plus purement jouissif et cool de cet été.

Nous sommes à Atlanta, où le mystérieux Doc (Kevin Spacey) gère un réseau de voleurs avec une règle très spécifique: ne jamais utiliser exactement la même équipe pour deux braquages. Le seul élément fixe est Baby (Ansel Elgort), incroyablement doué au volant et avec des écouteurs d’iPod toujours dans les oreilles (pour compenser un défaut auditif dû à un accident d’enfance). Baby vit sa vie en dictant son propre rythme avec la musique, mais la situation va changer lorsqu’une mission ne se déroule pas exactement comme prévu…

Baby Driver est à la fois un film d’action et une comédie musicale, le mélange parfait et époustouflant de deux éléments que Wright a toujours bien géré dans ses films précédents, souvent en tandem (on se souvient notamment de Shaun of the Dead, où des zombies sont tués pendant que le jukebox du pub joue Don’t Stop Me Now de Queen). Les courses-poursuites sont structurées comme des clips MTV, et chaque morceau choisi par le cinéaste est une partie fondamentale du récit.

Baby est peut-être l’essence du personnage "wrightien" typique, adulte et enfantin en même temps, et le jeu subtil d’Elgort s’oppose magnifiquement aux prestations plus énergiques de Jon Hamm et Jamie Foxx, qui ont l’air de s’être amusés comme des fous pendant le tournage. Mais le personnage le plus important reste la ville d’Atlanta, filmée avec un regard vraiment inédit qui contribue à la fraîcheur d’une histoire qu’un autre réalisateur aurait située à New York ou Los Angeles. On peut d’ailleurs penser à Drive de Nicolas Winding Refn, pour l’élément musical et le travail du protagoniste, mais le monde créé par Wright est plus tangible, plus réel, tout en étant lié aux traditions de la comédie musicale. 

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