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Spider-Man: Homecoming

 
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Retour à la maison

Le plus célèbre des héros Marvel est enfin intégré dans le monde cinématographique des Avengers, dans un nouveau film qui explore surtout le côté adolescent de Peter Parker. Un film léger et intelligent qui devrait plaire même à ceux qui n’en peuvent plus de cette franchise.

Ça fait un peu plus de quinze ans que Sam Raimi a changé les films de super-héros avec Spider-Man, en réalisant un long métrage où la profondeur psychologique et les relations entre les personnages avaient la même importance que les séquences d’action, stratégie également employée par Christopher Nolan lorsqu’il a réinventé Batman en 2005. Après le départ du cinéaste, Sony a essayé de transformer le monde de Peter Parker en un univers comme celui des Avengers, avec des résultats tellement dépréciés par le public que la meilleure solution pour sauver la franchise a été celle de trouver un accord avec Marvel pour l’utilisation du personnage.

Cet accord a donné son premier résultat il y a un an, avec l’introduction d’un nouveau Parker (Tom Holland) dans Captain America: Civil War. Maintenant on le retrouve dans Spider-Man: Homecoming, un film financé et distribué par Sony mais réalisé par Marvel. Le monde a changé: Captain America (Chris Evans) est un fugitif, et Tony Stark (Robert Downey Jr.) doit gérer ce qui reste des Avengers. Quant à Peter, il aimerait bien intégrer l’équipe, mais il faut d’abord qu’il apprenne à maîtriser ses pouvoirs à 100% et comprendre ce que signifie vraiment être un héros. Pas facile quand on doit aussi survivre à l’école, et surtout lorsqu’une nouvelle menace, le Vautour (Michael Keaton), fait son apparition.

Comparé à la plupart des films Marvel, Homecoming est plus petit, plus personnel, voire même plus naïf. Certes, Downey Jr. (qui n’apparaît cependant qu’une quinzaine de minutes environ) est là pour nous rappeler que les autres héros existent aussi, mais globalement cette nouvelle incarnation de Spider-Man s’inspire plutôt des high school movies des années 80, avec des références explicites à John Hughes (de plus, l’un des scénaristes est le comédien John Francis Daley, qui a joué dans la sublime série Freaks and Geeks). Pour la première fois au cinéma, on sent vraiment que celle-ci est l’histoire d’un ado, avec une certaine tendresse maladroite qui traverse tout le film.

Cela dit, le réalisateur Jon Watts n’oublie pas que c’est aussi un récit super-héroïque. En fait, il nous le rappelle dès le générique du début, avec l’apparition du logo Marvel et d’une version orchestrale, épique, de la fameuse chanson de Spider-Man que tout le monde connaît (merci, Michael Giacchino). Et si les scènes d’action sont parfois un peu anonymes, comme il se passe souvent dans ce genre de productions, Homecoming compense cette défaillance avec un antagoniste terrifiant, fascinant, guidé par des motivations humaines et bien élaborées. Il a beau avoir joué Batman chez Tim Burton, pour une certaine génération de spectateurs, Keaton sera surtout le Vautour.

Homecoming est donc, à la fois, un film typique et atypique dans la franchise Marvel, le premier chapitre de ce qui se produira avec un nouveau groupe de héros, avec une place spéciale accordée au très charmant Holland dans le rôle de Peter Parker. Et pour ceux qui en ont un peu marre de la supposée formule liée à cet univers, le film contient deux ou trois surprises décalées qui devraient plaire même aux plus sceptiques. Cela concerne aussi les fameuses scènes qui ont lieu après le générique de fin. Oui, il y en a deux, et elles ne respectent pas forcément les traditions…

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