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Baywatch: Alerte à Malibu

 
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Alerte au cinéma!

La série culte des années 90 est de retour sur grand écran, avec Dwayne Johnson et Zac Efron. Hélas, leur talent comique n’est pas suffisant pour sauver un produit constamment indécis sur son identité.

Maillots de bains, plages, décolletés, ralentis, enquêtes. Ce sont les ingrédients essentiels de Baywatch, la série culte qui donna de l’élan à la carrière de Pamela Anderson et renforça celle de David Hasselhoff. Comme l’indique le générique du début de la version cinématographique, les deux vétérans sont toujours de la partie, mais détrompez-vous: Ils n’apparaissent que dans une scène chacun, car dans la version de 2017 il n’y a pas énormément de place pour la nostalgie.

Mitch Buchannon a maintenant le visage de Dwayne Johnson, côtoyé par Zac Efron dans le rôle de Matt Brody, Alexandra Daddario dans celui de Summer et Kelly Rohrbach comme nouvelle CJ Parker. Ils se trouvent confrontés à une intrigue liée à une nouvelle substance illicite sur les plages de Malibu, et doivent aller au-delà des directives de leurs supérieurs pour être sûrs que justice soit faite.

Puisqu’il a été envisagé comme une comédie pour adultes, le film de Seth Gordon prévoit plein de jurons, d'érections et de blagues sur la poitrine de Daddario, ainsi qu’une approche décalée qui s’inspire de deux volets de 21 Jump Street, lui aussi basé sur une série, dont on se souvient pour des raisons qui n’ont rien à voir avec sa qualité artistique. Une idée louable qui n’est pourtant jamais exploitée jusqu’au bout: ce nouveau Baywatch hésite tout le temps entre des aspirations plus sérieuses, en tant que produit d’action avec de l’humour, et la volonté de se moquer du prototype télévisuel. Les gags sur l’origine culte du récit sont peu nombreux et assez mal gérés, allant jusqu’à la suppression d’une des blagues sur le concept de la franchise présentes dans la bande-annonce.

On se trouve ainsi face à un exercice comique dépourvu d’inspiration et alourdi par des longueurs injustifiées. Comme l’indique le bêtisier dans le générique de fin, Gordon aura sans doute prévu que les comédiens soient capables d’improviser afin de compenser les défaillances de l’écriture, une caractéristique récurrente dans ce genre de comédie. Hélas, aussi talentueux et charmants qu’ils soient, Johnson et Efron n’ont pas la formation comique nécessaire pour cette approche, et on se demande si même les fans de l’original y trouveront quelque chose de plus solide au-delà des clins d’œil occasionnels et des gags sexuels qui réservent néanmoins une surprise ou deux. Cela dit, l’allusion cochonne la plus sympa ne se trouve pas dans le film lui-même, mais dans les fiches techniques en ligne: d’après les informations officielles, cette adaptation aurait coûté 69 (!) millions de dollars. Un chiffre qui, en raison des recettes décevantes, rend improbable une deuxième aventure cinématographique de cette équipe dans sa version actuelle, malgré la promesse d’un rôle plus important pour Hasselhoff dans le prochain volet.

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