Critique

Les Fantômes d'Ismaël

 
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Cinéphilie tragique

Arnaud Desplechin parle de mariage, d'espionnage, de mort et de cinéma avec un grand trio d’acteurs principaux (Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg et Marion Cotillard), mais le résultat final est plutôt creux et froid.

La veille de la présentation du film au 70e Festival de Cannes, dont il fait l’ouverture le jour même de sa sortie en salle en France et en Suisse romande, on a appris à travers un article du critique Jean-Michel Frodon que Les Fantômes d’Ismaël, le neuvième long métrage d’Arnaud Desplechin, existerait en deux versions: une de 2h14, projetée uniquement à Paris (et montrée à la presse locale, d’après Frodon), et une de 1h54, présentée à Cannes et distribuée régulièrement en salle.

Cette précision s’avère nécessaire pour comprendre les doutes que nous avons concernant ce film: si on a vu la version raccourcie, nous nous sentons un peu gênés d'en parler, car ces vingt minutes supplémentaires (des scènes-clé, dit Frodon dans son article) changeraient peut-être tout. Mais on se doit de juger ce que nous avons vu, et que le public verra en salle dans notre pays. Et de ce point de vue, hélas, le travail de Desplechin ne nous a pas particulièrement convaincu.

Ismaël (Amalric) est cinéaste, et il travaille sur un film qui racontera l’histoire de son frère Ivan (Louis Garrel). Officiellement veuf (son épouse Carlotta, disparue il y a vingt ans, a été déclarée morte), il décide de passer un peu de temps à la mer avec sa nouvelle compagne, Sylvia (Gainsbourg). Sauf que les fantômes, ceux d’Ivan et de Carlotta (Cotillard), se croiseront de manière imprévisible lorsque la femme resurgit et met en crise le quotidien d’Ismaël.

D’une certaine manière, le film est, par sa dimension réflexive en lien avec le cinéma (bien que celui-ci ne soit pas très présent comme véritable élément narratif), une méditation sur l’œuvre entière de Desplechin, qui propose comme  toujours certains noms et acteurs reconnaissables. Ismaël Vuillard, c’est en fait le personnage qu’Amalric avait déjà joué dans Rois et reine, sauf que là il était musicien. Il y a donc tout un aspect fortement symbolique qui rend encore plus inexplicable la décision d’enlever une vingtaine de minutes pour la version montrée au grand public, car certains passages méritaient d’être approfondis. A l’état actuel, on reste avec des suggestions, des murmures, des fantômes justement, sans de vrais aboutissements. Et aussi, bien sûr, des prestations majeures, dont celle de Cotillard qui prouve encore une fois son talent en se mettant à nu dans tous les sens du terme. Mais ce n’est pas suffisant, ni pour le film ni pour l’inauguration de Cannes. 

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