Critique

Marie Curie

 
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Femme avant tout

Le troisième long métrage de Marie Noëlle se penche trop sagement sur la personnalité de Marie Curie, femme de science par excellence qui dut sans cesse se battre dans un univers essentiellement masculin.

Avant la mort accidentelle de son mari, Pierre (Charles Berling, très juste), Marie Curie n’existait que grâce à lui, en tant que femme de. Sans lui, elle ne pouvait pas uniquement compter sur ses talents de scientifique hors paire. Tous les mérites revenaient à son époux. Quand celui-ci disparaît renversé par une voiture, elle entre dans un deuil douloureux. Elle élève seule ses deux enfants et continue son travail acharné de chercheuse. Elle met entre parenthèse son statut de femme. Mais elle finit par tomber sous le charme de l’un de ses collègues marié et père de famille. Cette attitude d’adolescente ingénue contraste avec l’intégrité de sa personnalité rigoureuse et ne lui apporte que des problèmes.

Marie Noëlle traite ce destin de manière très classique. La reconstitution de l’époque à travers les costumes et les décors ne souffre d’aucun défaut. L’actrice qui incarne Marie Curie, Karolina Gruszka, accompli sa tâche avec une grande ferveur. Mais le film tombe dans une romance assez mièvre et perd de son intérêt en se focalisant sur cette histoire d’amour traitée de manière assez naïve et passablement ennuyeuse, n’abordant plus que de façon anecdotique son combat de femme pour faire valoir ses droits et son talent. C’est assez décevant et le drame, pourtant très porteur, laisse place à une bête histoire de sexe très banale et sans grand intérêt, traitée comme une comédie romantique. Et voir Marie Curie déambuler dans les rues du Paris de nos jours au son de la chanson de Nour, Lumière bleue pendant le générique de fin, touche au ridicule le plus incompréhensible, voire à la pire faute de goût. Dommage.

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