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L'Autre Côté de l'espoir

 
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Le réalisateur finlandais rentre chez lui après l’aventure française du Havre, en abordant encore une fois les sujets que l’on connaît bien dans sa filmographie. C’est reconnaissable et éblouissant, avec une charge émotionnelle en plus due à l’intégration de thèmes d’actualité dans le monde du cinéaste.

The Other Side of Hope s’ouvre avec des images de la mer et d’un port, celui d’Helsinki. Ceci nous signale que nous ne sommes pas très loin des territoires thématiques du film précédent d’Aki Kaurismäki, Le Havre. Encore une fois, il est sujet de migration clandestine, mais avec une nouveauté concernant l’entrée de l’actualité réelle dans le monde décalé du cinéaste finlandais : le jeune Khaled (Sherwan Haji), qui cherche un futur meilleur après avoir quitté son propre pays, est syrien.

Les mésaventures de Khaled, qui demande de pouvoir rester à Helsinki et essaie aussi de retrouver sa sœur, disparue pendant la fuite, croiseront celles de Wikström (Sakari Kuosmanen), qui vient de quitter sa femme et cherche à se réinventer en devenant le propriétaire d’un restaurant pas très populaire.

 On reconnaît clairement l’univers de Kaurismäki, avec des détails évidents (l’apparition obligatoire de sa muse Kati Outinen) et plus subtils (certains noms rappellent les événements de Calamari UnionAu loin s’en vont les nuages et Les lumières du faubourg). C’est familier mais pas répétitif, le retour à la maison étant justifié par deux éléments mentionnés dans le générique de fin : le centenaire de l’indépendance finlandaise et le décès de Peter von Bagh, le cinéaste, critique et directeur de festivals (et ami personnel de Kaurismäki) auquel les cinéphiles doivent beaucoup, et pas seulement en Scandinavie.

 Trente-quatre ans après son premier long métrage, Kaurismäki n’a pas perdu sa capacité de nous plonger dans un monde surréel et en même temps vraisemblable, un monde dans lequel on aime passer le plus de temps possible puisqu’il nous rappelle qu’il y a toujours de l’espoir, même si le happy end n’est pas garanti. Un monde cinématographique qui se fait toujours plus rare, et pas seulement au niveau du contenu : lors de la première internationale au Festival de Berlin, ceci était le seul long métrage de la compétition officielle à être projeté en pellicule.

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