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Traque à Boston

 
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Avec Patriots Day, Peter Berg s’attaque à un sujet très délicat et livre une oeuvre dont il ressort surtout une très grande dignité par rapport à son matériel de base.

Peter Berg serait-il en passe de devenir le metteur en scène attitré des reconstitutions de drames humains à grande échelle? Après Deepwater Horizon qui étudiait avec brio les rouages de l’une des plus grandes catastrophes écologiques, il s’attaque à l’attentat du marathon de Boston qui coûta la vie à trois personnes et blessa deux cent soixante-quatre autres en 2013.

C’est un sujet difficile d’une part parce qu’il s’empare d’un événement encore assez récent, mais parce qu’il peut aussi vite sombrer dans l’émotionnel mercantile indécent ou dans un ton revanchard très mal approprié. Berg ne tombe dans aucun de ces pièges et livre une oeuvre d’une rare dignité. Par surprise, il commence d’ailleurs son film par une scène purement comique afin de nous présenter le protagoniste principal, un policier portant une attèle à un genoux qui sera en poste à l’arrivée du marathon, lieux de l’explosion des deux bombes posées par les frères Tsarnaev.

Le reste du film sera comme son titre français l’indique, une traque à Boston pour mettre la mains sur les auteurs de cette horreur. Sans ne jamais sombrer dans l’hystérie ou le pathos, Peter Berg réalise un film passionnant et haletant sur un rythme impeccable qui sait user des accélérations et des poses avec finesse. Il n’hésite pas à montrer que la police se comporte parfois un peu trop comme des cow-boys dans une scène de fusillade mémorable. Il ne diabolise pas les frères Tsarnaev et n’encense pas non plus trop leurs traqueurs. Son film englobe l’intégralité d’une telle situation. On croise le destin de nombreux acteurs de cette tragédie, passant d’un blessé à un témoin, à un policier et à leur entourage. Tout ce qui entre en compte dans une telle situation se retrouve dans Patriots Day.

Et cela devient une habitude, le long métrage se clôt de la même manière que Sully, Hacksaw Ridge, et Hidden Figures. Faut-il y voir un hommage aux personnes qui ont vécu ce qui a servi de matériel à la création de ces films, comme une sorte de devoir de mémoire?

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