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Lion

 
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Garth Davis débute dans le long métrage avec une histoire vraie qui, malgré les bonnes prestations des acteurs, n'arrive jamais vraiment à convaincre, surtout en raison d'un récit qui, par sa nature narrative, n'arrive pas à s'intégrer dans le panorama audiovisuel contemporain. 

Il y a trois ans, Garth Davis avait signé, avec Jane Campion, la réalisation de l’excellente première saison de Top of the Lake. Aujourd’hui, il passe au long métrage avec Lion, choisi pour inaugurer l’édition 2016 du Zurich Film Festival après avoir été bien accueilli à Toronto. Lors de sa projection canadienne, les conversations niveau Oscar ont commencé à se manifester sérieusement, ce qui est assez inévitable quand le film est produit par quelqu’un comme Harvey Weinstein. Pour notre part, on se demande si même le producteur de Tarantino et Minghella arrivera à faire gagner un produit aussi fade et creux.

Or, la faute n’est pas à Davis, car on doute qu’un autre cinéaste aurait pu faire beaucoup mieux avec un récit qui est essentiellement Google Earth : Le film. Non, ce n’est pas une blague, c’est une histoire vraie : lorsqu’il était enfant, Saroo a pris un train qui l’a emmené tellement loin qu’il n’arrivait plus à rentrer à la maison. Placé dans un orphelinat, il a été adopté par un couple australien (Nicole Kidman et David Wenham). Vingt ans plus tard, Saroo (Dev Patel), désormais inscrit à l’université, pense toujours à sa mère biologique et au village de son enfance, mais ses souvenirs sont trop vagues pour retrouver l’endroit exact. Sauf que, comme lui expliquent ses camarades, en utilisant les indices qu’il possède déjà il peut se servir de Google Earth pour entamer au moins une partie de sa recherche.

Et là, un film qui était déjà plutôt inintéressant au départ tombe quasi complètement à l’eau, car l’élément visuel associé au logiciel qui permet à Saroo de retrouver sa maison est d’une laideur qui étouffe toute force émotionnelle qui aurait dû naître lors des scènes en question. On pourrait presque dire que Lion cesse d’être un long métrage de cinéma à ces moments-là et devient juste une pub très ennuyeuse pour Google Earth, un stratagème qui aurait pu avoir un minimum d’intérêt il y a dix ans, mais qui sert uniquement à vexer en 2016. De plus, comme dans la plupart des films biographiques, il y a des images d’archives liées au vrai Saroo dans le générique de fin, et là, ça sent le chantage émotionnel pur.

Cela dit, le film confirme du moins que la direction des acteurs dans Top of the Lake n’était pas le travail de Jane Campion toute seule, car Davis parvient à créer quelques scènes plutôt convaincantes avec ses comédiens, même quand le scénario frôle le cliché le plus agaçant (voir la relation entre Patel et Rooney Mara). En particulier, Nicole Kidman nous offre une prestation vulnérable et touchante, surtout lors d’une scène où elle explique pourquoi elle n’a pas eu d’enfants biologiques, qui aurait mérité d’être mise en avant dans un autre projet. Peut-être justement la deuxième saison de Top of the Lake, actuellement en phase de préparation…

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