Critique

Le Cercle - Rings

 
Critique par |

Le remake américain du film culte japonais est de retour avec un troisième volet qui veut réinventer une franchise en danger. Sauf que maintenant, quinze ans après le début de cette incarnation de la saga, la présence démoniaque de Samara Morgan a perdu toute sa puissance horrifique. 

En 2002, The Ring de Gore Verbinski inaugura, de manière pas inintéressante, la mode des adaptations anglophones des films d'épouvante venant de l'Orient. Le remake de l'oeuvre culte de Hideo Nakata a aussi eu droit à une suite en 2005, réalisée par Nakata lui-même. Après, silence total pendant des années, du moins aux USA, car, au Japon en revanche, Sadako (Samara dans la version américaine) et sa VHS maudite restent très populaires, comme peut en témoigner la sortie, l'été dernier, de Sadako vs. Kayako, le combat entre la fille démoniaque de Ringu et celle de Ju-on (qui est devenu The Grudge aux Etats-Unis), la sage revient au pluriel.

Ce crossover qu'on vient de mentionner, et que nous avons vu dans un festival il y a quelques mois, est assez pénible. En fait, on pourrait dire que, du point de vue du concept, Rings, le troisième volet de la version américaine, actuellement en salle, est un petit peu plus intelligent. Mais cela est le seul vrai point favorable en lien avec ce nouvel épisode, qui est autrement une excuse assez faible pour donner une deuxième vie à une franchise qui n'a plus vraiment de place dans le panorama cinématographique actuel. Certes, l'existence de la VHS, un objet qu'une partie du public-cible risque de ne pas connaître par ignorance, est abordée de façon relativement intelligente, mais le ton général de l'opération ne convainc pas, malgré certaines images efficaces et la prestation de Vincent D'Onofrio dans la peau d'un homme aveugle et bourré d'informations essentielles. 

Le plus grand défaut, carrément impardonnable après plus de dix ans d'absence des écrans, est un manque de cohérence par rapport à la mythologie des épisodes précécents. Ceci était déjà un problème dans le deuxième volet, mais on pouvait ignorer ce détail parce que Nakata était capable de compenser les trous de logique avec plusieurs moments effrayants. Mais Javier F. Gutierrez n'est pas Nakata: toute forme d'inquiétude est absente cette fois. À la limite, on peut rigoler, surtout face à une fin qui est presque la version sérieuse de Scary Movie 3...

En savoir plus sur Max Borg