Critique

Manchester by the Sea

 
Critique par |

Kenneth Lonergan signe un beau portrait du deuil, de la famille et du Massachussetts. L'âme tragique et humaine du film est splendidement incarnée par Casey Affleck, qui délivre ici la meilleure prestation de sa carrière. 

Alors que Margaret, tourné en 2007 et sorti silencieusement en 2011 après de longues disputes légales, reste inédit dans nos salles, le public suisse a enfin l'occasion de voir sur grand écran un nouveau film de Kenneth Lonergan, connu hors des USA surtout comme un des scénaristes de Gangs of New York

Manchester by the Sea (titre qui vient d'une vraie ville américaine où se déroule la plupart du récit) est l'histoire d'une famille, les Chandler. Suite à la mort de Joe (Kyle Chandler), décédé à cause d'un problème cardiaque, son frère Lee (Casey Affleck), résident à Boston, doit rentrer à Manchester. Il apprend qu'il est censé être le tuteur de Patrick (Lucas Hedges), fils adolescent de Joe. Le seul problème: Patrick refuse de venir à Boston, et Lee ne veut pas rester à Manchester en raison d'une ancienne tragédie qui nous est montrée sous forme de flashback. 

Bien que la durée, 2h17, puisse décourager les spectateurs impatients, surtout en lien avec le contenu pas très gai, l'expérience de Manchester by the Sea en vaut la peine. Lonergan écrit et met en scène un très beau portrait familial, avec Casey Affleck au centre dans le meilleur rôle de sa carrière jusqu'à présent et Lucas Hedges, tout récemment nommé aux Oscars dans la catégorie du second rôle masculin, qui a évolué de façon brillante depuis sa première apparition à la cour de Wes Anderson dans Moonrise Kingdom. On va juste peut-être déconseiller la vision à ceux qui sont actuellement en deuil, la représentation de la douleur étant souvent réaliste jusqu'à l'excès. 

En savoir plus sur Max Borg