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Dancing Beethoven

 
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Avec Dancing Beethoven, la cinéaste espagnole Arantxa Aguirre suit la préparation d’un ballet autour de la Neuvième Symphonie de Beethoven, en basant son film sur la symbolique du chiffre 9.

Danse et cinéma ont très souvent fait bon ménage. Le corps en mouvement est un objet cinématographique par excellence et les films de danse viennent régulièrement visiter les salles obscures. Le milieu chorégraphique est un univers fascinant par son exigence pouvant être impitoyable et son excellence qui confère à la perfection.

Arantxa Aguirre prend comme sujet la préparation minutieuse d’un ballet créé par Maurice Béjart sur la Neuvième Symphonie de Beethoven. Avec l’aide d’une narratrice très présente qui se révèle petit à petit fondamentale au concept général du long métrage, la cinéaste espagnole nous fait visiter les coulisses d’une création chorégraphique exigeante impliquant un grand nombre de protagonistes, allant du maître d’oeuvre, Gilles Roman, qui a repris le flambeau de Béjart, aux danseurs, en passant par les musiciens du Israel Philharmonic Orchestra dirigé par Zubin Metha.

Dancing Beethoven se déroule sur neuf mois, comme une naissance. Astucieusement, Arentxa Aguirre se focalise sur le chiffre 9 en y faisant régulièrement référence. C’est d’abord le numéro d’une des oeuvres les plus célèbres de Beethoven, mais c’est aussi le chiffre indissociable à la grossesse  humaine. Et il en est ici plusieurs fois question, car une des danseuses choisie pour l’un des rôles principaux doit renoncer à l’aventure, tombant enceinte pendant les répétitions. Le couple qu’elle forme avec son ami, lui aussi danseur au sein du Béjart Ballet Lausanne, reflète avec l’histoire de Gilles Roman qui fut l’un des premiers danseurs à avoir un enfant alors qu’il se produisait sous la direction de Maurice Béjart. Ce "Béjart baby", comme l’appelaient les Japonais à l’époque, est d’ailleurs omniprésent dans le film d’Arantxa Aguirre sous une forme originale et subtile.

Le fait que la création de cette version de la Neuvième Symphonie conçue par Gilles Roman se déroule au Japon, marque la fin d’une boucle entamée par Maurice Béjart, faisant de ce ballet une oeuvre maîtresse de l’art de la danse.

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