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La propera pell

 
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Cette production helvético-espagnole, primée six fois au Malaga Spanish Film Festival et nommée à quatorze Gaudis 2017, fait partie de ces films qui laissent perplexes encore longtemps après leur vision. Une intrigue sous forme de puzzle de plus en plus vaporeux, un héros aux motivations tout aussi floues… 

Dans le village et son décor montagneux, tous les habitants se connaissent ; il est donc difficile de cacher quoique ce soit. Alors, quand un adolescent de dix-sept ans, revient occuper les lieux de son enfance, huit ans après sa disparition dans la montagne, certaines personnes ont des raisons d’être sceptiques, et nous aussi. 

En situant tout d’abord leur récit dans un petit village des Pyrénées, limitrophe de la France, les réalisateurs catalans Isaki Lakuesta et Isa Campo parviennent à semer le trouble par ce mélange des langues (français, espagnol, catalan) qui caractérise la région. De plus, esthétiquement, le jeu sur les flous et la caméra incertaine accroît ce sentiment de malaise. Si la relation entre Léo, (re)devenu Gabriel, et sa mère devient de plus en plus symbiotique, le jeune homme se fond dans sa "prochaine peau" sans reconnaître ses proches et sans souvenirs précis de son enfance: un cas banal d’amnésie, explique son tuteur. Malgré le soulagement sincère de la mère qui croit retrouver son fils, le beau-frère reste profondément sceptique et le doute s’installe gentiment. Même si le récit s’égare par moments et que la présence du personnage du tuteur peut interpeller car il devient presque gênant, le film tient la route. Le mystère qui entoure cette disparition, ce passé au grand vide, reconstruit par des souvenirs tronqués, fait de La propera pell un film sombre et profond sur l’identité et le besoin de se sentir aimé.

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