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Live by Night

 
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Ben Affleck signe son quatrième long métrage en tant que réalisateur avec une nouvelle adaptation de l'oeuvre de Dennis Lehane. Le résultat est un film de gangsters très classique et techniquement abouti, mais aussi un peu trop gentil par rapport au matériel de base.

En 2007, Ben Affleck a commencé à reconstruire une carrière endommagée en réalisant Gone Baby Gone, un thriller majestueux et tragique tiré du roman du même nom de Dennis Lehane (Mystic River, Shutter Island). L'acteur-cinéaste, qui a également mis en scène The Town et Argo, est de retour dans l'univers de l'écrivain bostonien avec Live by Night, adaptation du deuxième volet d'une trilogie sur la famille Coughlin. 

Nous sommes en 1927, en pleine Prohibition. Joe Coughlin (Affleck), fils du chef adjoint de la police (Brendan Gleeson), gagne sa vie en faisant des braquages, sans vouloir devenir un gangster à proprement parler. Hélas, le destin n'est pas d'accord avec lui, et le conflit entre mafia italienne et irlandaise forcera Joe à s'installer en Floride, où commence sa transformation en figure redoutable et ambitieuse.

Le cinéphile Affleck, au service du studio qui a distribué plusieurs titres incontournables dans le genre gangster, a un goût reconnaissable et admirable pour le classicisme, et signe un produit qui n'a rien à envier, sur le plan formel, aux chefs-d'oeuvre de sa catégorie. Qu'il s'agisse de la reconstruction de l'Amérique sordide de l'époque ou des séquences de fusillade, Live by Night est un tour de force technique et stylistique qui confirme le grand talent de son réalisateur.

Et pourtant... et pourtant, l'approche classique d'Affleck est un peu trop philologique, d'où une certaine gentillesse qui n'est pas vraiment compatible avec l'esprit noirissime de la prose de Lehane (voir la fin du film, qui risque de laisser indifférents). De plus, certaines différences entre le long métrage et le roman sont difficiles à justifier, du point de vue de l'efficacité dramaturgique: Loretta Figgis (Elle Fanning) est notamment dérobée de la complexité qu'elle avait sur la page, ce qui laisse à une actrice talentueuse la tâche de faire de son mieux avec un rôle écrit à moitié. Ceci est valable pour les autres comédiens aussi: ils sont bien, mais il aurait pu y avoir plus. 

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