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Hédi, un vent de Liberté

 
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Le premier long métrage du cinéaste tunisien Mohamed Ben Attia, primé à Berlin, est une histoire simple de jeunesse, tristesse et quête de liberté. Hélas, ces trois sujets sont explorés de manière très médiocre, et le personnage principal est carrément insupportable. 

Il arrive très souvent que la presse ne soit pas entièrement d'accord avec les verdicts des jurys dans les festivals de cinéma, les différences d'opinion étant un des principes fondamentaux dans le domaine artistique. Hedi de Mohamed Ben Attia, actuellement dans nos salles, est un très bon exemple de cette divergence: pour nous, comme pour d'autres confrères qui l'ont découvert il y a un an dans le cadre de la Berlinale, ce fut une expérience audiovisuelle assez pénible. Pour le jury présidé par Meryl Streep, en revanche, il mérita le prix du meilleur acteur (Majd Mastoura), tandis qu'un autre groupe de professionnels dont faisait partie Ursula Meyer lui a attribué la récompense pour le meilleur premier film. 

Hedi, c'est le nom du personnage principal, un jeune homme tourmenté par les manipulations de sa famille, notamment une mère qui essaie de déterminer la direction de toute sa vie. Lors d'une rencontre avec une femme nommée Rym, qui n'est pas limitée par les conventions sociales de son pays, Hedi comprend que son existence pourrait être différente, mais cela signifierait devoir défier l'autorité maternelle...

L'approche tragicomique pour examiner la société tunisienne est un instrument intéressant, mais très mal géré puisque la mise en scène reste très plate et superficielle, sans aucune volonté d'explorer au-delà de ce qui nous est présenté au premier niveau. De plus, la prestation pleurnicharde de Mastoura perd son charme au bout d'une dizaine de minutes, laissant la place à un vide de personnalité qui ne fait qu'irriter. Dommage, car le potentiel était là. 

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