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Mes trésors

 
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Film très mineur qui aurait largement plus sa place sur une chaîne de télévision que sur un grand écran, Mes trésors de Pascal Bourdiaux, confronte un Jean Réno mielleux au possible à une des franges féminines de la nouvelle génération de comiques du cinéma français. Le résultat est très dispensable.

Un voleur de haute volée (Jean Réno) se fait court-circuiter par son complice. Pour récupérer son butin, un stradivarius hors de prix, il décide de faire appel à ses deux filles qu’il n’a pas vu grandir et qui ne se connaissent pas entre elles. Tout ce petit monde se retrouve dans une station hivernale huppée.

Voilà pour la trame de départ qui ne cessera par la suite d’aligner des clichés que l’on croyait pourtant proscrits de ce genre de productions familiales poussives qui décrochent difficilement le moindre sourire. Evidement les deux soeurs sont à l’opposé total l’une de l’autre et se détestent par jalousie. On doit comprendre par là que l’une représente le corps par sa beauté (Reem Kherici) et l’autre l’esprit par son intelligence de l’outil informatique (Camille Chamoux). Donc, elles ne cessent de s’envoyer des vannes, ce qui a le don de vite agacer. Les rôles vont forcément s’inverser au cours d’une intrigue qui peine sérieusement à captiver et la "tête" va endosser le costume de séductrice pour confondre le vilain de l’histoire.

Avec à son actif des épisodes d’Un gars et une fille, Le Mac et Fiston, Pascal Bourdiaux possède une filmographie qui fait rêver. D’ailleurs, son prochain long métrage sera Boule & Bill 2, c’est dire. Il propose ici une comédie avec une trame policière plus que bon enfant et ne peut s’empêcher de distiller un discours niais sur les bonheurs de la famille, cherchant à appâter ses clients par une émotion artificielle, synonyme d’une sensiblerie poisseuse et surannée. La caution commerciale de la chose repose sur les épaules d’un Jean Réno qui ne cesse de patiner du début à la fin sur cette pente savonneuse. Il n’y a rien de méchant et de sournois dans ce film, mais il n’y a pas grand chose d’autre non plus pour faire passer au minimum un bon moment.

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