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La Grande Muraille

 
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Puisant son inspiration dans l’antique mythologie chinoise et en particulier dans le motif taotie qui représente un animal qui tient autant du tigre, du boeuf, du mouton et du dragon, La Grande Muraille de Zhang Yimou est un spectacle épique éblouissant, rythmé et somptueux qui pourrait donner de sérieux complexes aux produits hollywoodiens du même genre.

Ce long métrage, maîtrisé d’un bout à l’autre par Zhang Yimou, conte le périple de deux aventuriers européens, sous la forme d’une des innombrables légendes, avérées ou non, qui entourent la Grande Muraille de Chine. A la recherche de la mythique poudre noire, William Gravin et Pero Tovar se retrouvent au pied de l’immense édifice après avoir été attaqués par une créature démoniaque dont ils ont réussi à sectionner une patte griffue. Ils sont fait prisonniers par les soldats en poste sur ce mur impressionnant. On leur apprend que le membre qu’ils trimballent avec eux appartenait à un taotie, une des créatures qui, par vengeance tous les soixante ans, essaie d’envahir la Chine afin d’anéantir tous ses habitants. Lors d’une première attaque en masse de ces monstres, Gravin se distingue grâce à sa maestria dans l’art de manier l’arc.

Ce long métrage remarquablement épique regorge à foison de trouvailles visuelles et scénaristiques qui sont toutes au service de l’oeuvre. Par exemple, une des chefs de l’armée chinoise parle l’anglais non pas par hasard ou parce que c’est plus pratique dans une production destinée à l’international, mais parce qu’elle l’a appris d’un autre européen, prisonnier depuis vingt-cinq ans. Les deux points faibles des créatures infernales sont aussi une astuce parfaitement amenée et assumée pour faire avancer l’intrigue générale.

On assiste à un spectacle qui marie à merveille des effets spéciaux irréprochables, des scènes de foule absolument ahurissantes et un humour parfaitement dosé qui tombe toujours juste. L’action omniprésente n’est jamais assourdissante ou tonitruante grâce à une osmose réjouissante dans ce type de cinéma qui ronronne outre-Atlantique en se basant sur un cahier des charges ayant beaucoup de peine à se renouveler ou à s’améliorer. Ici, tout fonctionne à merveille, du costume du plus insignifiant fantassin, à l’interprétation de l’ensemble du casting que l’on sent vraiment impliqué dans l’oeuvre, en passant par un montage efficace loin de toute prétention, une photographie impeccable et un scénario qui pourrait devenir un modèle de référence. Maître à bord de cet immense morceau de bravoure, Zhang Yimou expose son art en virtuose.

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