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A Dragon Arrives!

 
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Long métrage qui oscille entre l’historique et le fantastique, se perdant dans trop de bavardage, A Dragon Arrives! de l’Iranien Mani Haghighi veut trop bien faire et finit par s’emmêler les pinceaux en mélangeant les époques et les genres.

Ce long métrage s’ouvre par une séquence à la limite de l’irréel où l’on suit le policier Babak Hafizi à bord d’une voiture américaine orange dans l’Iran du 22 janvier 1965, jour de l’assassinat du Premier Ministre Hassan Ali Mansour. Barak doit enquêter sur le suicide par pendaison d’un prisonnier politique dans un lieu étrange que les rares autochtones qualifient d’hanté.

D’emblée, Mani Haghighi nous plonge dans une atmosphère bizarre où les protagonistes ne savent plus sur quel niveau ils sont. Il y a des faits ancrés dans la réalité certes, mais les esprits sont aussi présents et se manifestent par des phénomènes très terriens. Cette enquête qui restera à jamais ancrée dans l’esprit de Babak ressurgit cinquante ans plus tard.

Dès lors le film joue sur des allers et retours incessants entre passé et présent, ce qui a le don de perdre non seulement les personnages, mais aussi l’auditoire. Et comme une grande partie de l’intrigue passe par les dialogues, A Dragon Arrives! devient vite trop bavard, dans le sens où on se concentre tellement sur ce flot de paroles que l’on finit par passer à côté de l’aspect visuel qui recèle des perles d’inventivité, et de l’interprétation impeccable comme c’est souvent le cas dans le cinéma iranien.

Le cinéaste cherche à en faire beaucoup trop en additionnant tellement d’éléments qu’au final on descend du véhicule pour se retrouver au bord de la route à regarder passer les autos jusqu’à la conclusion. Son film n’est pas hermétique, loin de là, mais il prend énormément de directions différentes, au lieu de se concentrer sur une artère principale.

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