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Assassin's Creed

 
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Cette année on s'est demandé, à deux reprises, si on aurait enfin eu droit au premier long métrage de qualité tiré d'un jeu vidéo. Certes, les premiers volets de Resident Evil et Silent Hill n'étaient pas inintéressants, mais globalement on a eu beaucoup plus de plaisir en voyant des films comme Scott Pilgrim vs. the World ou Edge of Tomorrow, qui adoptent la structure d'un jeu sans pourtant s'inspirer d'un concept existant. Dans le cas de Warcraft, sorti au printemps, et d'Assassin's Creed, actuellement en salle, les signaux prometteurs étaient liés surtout aux réalisateurs, Duncan Jones étant un nom majeur de la science fiction contemporaine et Justin Kurzel ayant signé le très intéressant Macbeth avec Michael Fassbender (qui est également l'acteur principal et le producteur d'Assassin's Creed).

Or, contrairement à Warcraft, qui contenait beaucoup trop d'informations et devenait rapidement très lourd pour les spectateurs qui ne connaissent pas la source, Assassin's Creed est plus accessible, et celà malgré la double temporalité (et les dialogues qui sont uniquement en espagnol dans les scènes qui se passent il y a quelques siècles). Comme dans plusieurs films d'action/aventure, il est question d'un objet mystérieux, en l'occurrence la Pomme d'Eden qui peut anéantir la liberté de choix. Pour trouver cet objet, l'organisation Abstergo recrute Callum Lynch (Fassbender), le dernier descendant d'un célèbre Assassin. Grâce à une machine appelée Animus, Lynch va revivre les souvenirs de son ancêtre, dans le but de repérer la Pomme. 

L'idée a du potentiel, et il faut admirer le courage d'un studio prêt à sortir une grosse production - pendant les vacances de Noël, en plus - où la moitié de la prestation d'une star comme Fassbender est sous-titrée (car il joue un double rôle). Hélas, comme beaucoup d'autres produits dans le même genre, Assassin's Creed se transforme très vite en quelque chose de mécanique et froid, splendidement abouti sur le plan visuel mais sans éléments capables de nous faire accrocher du point de vue émotionnel. Un défaut qui est encore plus présent lors des scènes du passé, la partie la plus cool au niveau conceptuel, avec un récit creux et la présence inexplicable d'Ariane Labed dans le rôle d'un Assassin (Marion Cotillard, l'autre femme qui partage plusieurs scènes avec Fassbender, ne s'en sort pas beaucoup mieux). On est donc encore loin de voir apparaître sur nos écrans le premier produit vraiment réussi dans la catégorie des jeux vidéo au cinéma, mais on a quand même fait des progrès énormes depuis l'époque lamentable de Super Mario Bros. et de la filmographie d'Uwe Boll. C'est déjà quelque chose, ça. 

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