Critique

Le Mystère Jérôme Bosch

 
Critique par |

Cette semaine il n’y a pas que les gentilles bestioles à sept pattes de Premier contact comme extraterrestres au cinéma: on peut aussi se plonger dans l’univers d’un autre phénomène mystérieux, le peintre flamand Jérôme Bosch à travers l’une de ses oeuvres les plus énigmatiques, Le Jardin des délices. Le film de José Luis López Linares convie une cohorte d’artistes et d’intellectuels de tous horizons et de toutes nationalités pour qu’ils nous parlent de leur ressenti face à ce triptyque, de ce qu’il y voient, de ce qu’ils y entendent. Le commanditaire de cette oeuvre majeure de l’histoire de l’art reste inconnu. Elle trône au musée du Prado à Madrid. Fermée, elle représente La Création du monde sous la forme d’une sphère coupée en deux. Ouverte, son volet de gauche s’intitule Le Paradis et la représentation d’Eve, celui du centre porte le nom de L’Humanité avant le déluge et celui de droite évoque L’Enfer.

Le Jardin des délices fait partie de ces tableaux devant lesquels on peut rester des heures entières et découvrir une multitude de détails, tellement il est riche. Les intervenants du film exposent leurs points de vue personnels et leurs interprétations. Une chanteuse lyrique se met par exemple à chanter une partition que l’on peut voir dans L’Enfer. On constate dès lors, que la musique n’apparaît que dans ce panneau et dans des formes pour le moins étranges. Un personnage est attaché au manche d’un luth, un autre est littéralement crucifié dans les cordes d’une harpe, un troisième semble jouer d’une sorte de flûte avec son fondement, une immense paire d’oreilles munie d’un couteau donne l’impression de vouloir crever un coeur évoquant une cornemuse. La musique serait-elle l’oeuvre du diable? Chacun peut y aller de son avis. D’autres intervenants y voient une manière de la part du peintre de mettre en scène sa position politique et, époque oblige, son rapport à la religion qu’il connaissait très bien car Bosch était clerc et membre de la confrérie de Notre-Dame qui, comme le précise un des intervenants, permettait à ses membres d’écourter à l’avance leur séjour au Purgatoire.

Il y a dans Le Jardin des délices une quantité remarquable de fruits qui se fondent aux corps surtout dans le panneau central et celui de droite. C’est encore l’un des nombreux points d’interrogation que suscite le tableaux: sont-ils là par pur esthétisme, symbolisme ou une autre raison? Chacun peut donner son avis car ils sont représentés dans des situations tellement étranges, changeant de taille et d’aspect, et allant jusqu’à remplacer une tête humaine.

On pourrait encore disserter longtemps sur cette oeuvre picturale hors du commun qui interpelle à mainte reprises. C’est ce que fait le film de José Luis López Linares en donnant la parole à une assemblée de gens tous plus intéressants et captivants les uns que les autres.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS LION gagnez un Bluray ou un DVD

Participer