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Jean Ziegler - l'optimisme de la volonté

 
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La caméra de Nicolas Wadimoff suit Jean Ziegler dans ses activités d’homme public et dans son intimité avec le recul nécessaire pour nous faire entrer dans la vie d’une figure importante de la vie politique suisse. Le portrait qui en résulte est d’une sincère authenticité et donne à voir un homme très humain qui fut marqué par sa rencontre avec Che Guevara. Jean Ziegler l’évoque à plusieurs reprises en insistant logiquement sur l’impact que ce moment a eu sur sa vie personnelle et politique.

Le corps du film de Wadimoff est constitué par un voyage à Cuba où Jean Ziegler intervient dans une commission de l’ONU ayant pour but de dégeler les relations entre l’île de Castro et le reste du monde. Le sociologue revient sur des endroits qu’il connaît très bien comme la colline qui surplombe le port de La Havane où l’on distingue très bien l’activité au ralenti de cette immense place commerciale. Il se recueille sur la tombe de Che Guevara. Il donne des interviews en espagnol à la presse local. Conscient de son privilège de petit bourgeois qui écrit des livres, comme il le dit lui-même, Jean Ziegler ne fanfaronne pas, mais se confie naturellement à la caméra du cinéaste.

Grâce à une complicité palpable, il se laisse aller à des confidences et des anecdotes qui nous font découvrir une autre personnalité que celle qui défraie régulièrement la chronique. Avec un humour assez maladroit à peine dissimulé, il fait intervenir à plusieurs reprises la mort qu’il craint de plus en plus venir. Et là, l’homme fort, qui peu parfois sembler intransigeant et professoral, retrouve sa nature d’être humain avec toute l’humilité qui le caractérise.

Avec rigueur et tendresse, non seulement Nicolas Wadimoff réalise le portrait intime d’une personnalité publique, mais aussi, à travers lui, il ausculte une partie de l’histoire sociale et politique de la planète qui vient de clore un de ses chapitres avec la mort de Fidel Castro.

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