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Aquarius

 
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Aquarius, rentré bredouille de son épopée cannoise, fut pourtant une des belles surprises du festival. Ce deuxième film signé Kleber Mendonça Filho, cinéaste brésilien au passé de critique de cinéma et dont le dernier long métrage, Les bruits de Recife, représenta le Brésil aux Oscar 2014, loin d’apporter seulement un éclairage sur la société brésilienne, propose un portrait de femme grandiose.

Retour donc à Recife, dans un quartier aisé où habite seule Clara. Elle qui vit dans l’immeuble nommé l’ Aquarius depuis plusieurs décennies, refuse de vendre à des promoteurs immobiliers son appartement avec vue sur l’océan. C’est à partir de ce pitch que le cinéaste déterre des bribes de la vie de cette veuve bourgeoise, existence riche d’amour et de musique. Le film, construit en trois chapitres, aborde, à l’aide de très beaux flashbacks, l’idée du passage du temps, du pouvoir évocateur des objets, des lieux et de la musique, inducteurs de lointains souvenirs et refuges contre les agressions venues de l’extérieur.

Alors qu’en filigrane les tensions sociales sont perceptibles, le cours du récit est davantage orienté vers la position de Clara au sein de sa famille et de ses amis, figurant sommes toutes le combat d’une femme tendre et rigide à la fois, amarrée à son appartement, forteresse mentale et symbole de toute une vie. L’actrice Sonia Braga incarne brillamment cette note d’ambivalence, entre force et fragilité, attachement et froideur un brin snob. Ainsi, même si l’on souffre un peu de la longueur du film (plus de deux heures), les mystères des espaces vides de l’Aquarius, qu’enveloppe un monde extérieur de plus en plus menaçant, nous imprègnent et fascinent longtemps encore après la projection.

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