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Dernier train pour Busan

 
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A la question "à quoi sert le cinéma", la réponse tient en trois mots: divertissement, réflexion, émotion. Rares sont les films qui parviennent à réunir ces trois éléments, qui plus est sur la durée, en poussant chacun de leur curseur au maximum de ses possibilités. Le magnifique Dernier Train pour Busan est de ceux-là. `
Partant d'un postulat archi-rebattu (une invasion de zombies), le réalisateur Yeon Sang-ho tire un film d'une richesse thématique et d'une émotion absolument stupéfiantes. Présenté en séance de minuit au dernier Festival de Cannes, soyons reconnaissants au distributeur ARP d'avoir acheté le long-métrage pour le faire découvrir au grand public. Car incontestablement, Dernier Train pour Busan s'impose non seulement comme le film de l'été, mais aussi, et à ce jour, comme celui de l'année.

Développant un propos sur les ravages de l'individualisme et du capitalisme outrancier qui rongent les sociétés modernes (la révélation finale est à ce titre plus qu'évocatrice), le film s'impose comme une photographie hyper violente du monde, soulignant son caractère de plus en plus anxiogène et inhumain. L'arc narratif du personnage principal, ordure notoire tant dans son métier que dans ses rapports avec sa propre fille, constituera dès lors un véritable parcours initiatique dans lequel le choix final du héros s'imposera comme l'unique solution de salut.

Au-delà de son aspect critique, Dernier Train pour Busan s'impose également comme un concentré d'émotion lié à une caractérisation très subtile de ses personnages (tous sont présentés à travers leurs actions, et non à travers des dialogues introductifs interminables). Ainsi, et au-delà de la tension et du suspense innterrompus qui parcourent les 2 heures du film, les cinq dernières minutes comptent vraisemblablement parmi les plus bouleversantes que l'on ait vues depuis bien longtemps au cinéma.

Formellement, le metteur en scène tire toutes les possibilités du huis-clos (le film se déroule presque intégralement à l'intérieur d'un TGV bourré de zombies), utilisant chaque recoin du train pour faire évoluer ses personnages. Blindé de plans visuellement impressionnants (la chute des zombies sur le toit du TGV, les mouvements de foule, la séquence de l'hélicoptère filmée par un vidéaste amateur), le long-métrage ne ménage jamais notre adrénaline, cette dernière pulsant aussi rapidement que le rythme du film.

Alors quoique vous soyez en train de faire, lâchez tout et foncez voir Dernier train pour Busan. Vous ne serez pas prêts de l'oublier.

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