Critique

Louise-Michel

 
Critique par |
Partant d'une idée simple, Gustave De Kervern et Benoît Delépine, nous invitent dans une comédie grinçante, absurde et hilarante. D'abord, les personnages sont très travaillés, chacun d'eux possède un grain de folie bien à lui et quand ils se rencontrent, les étincelles fusent. Louise Michel (sublimissime Yolande Moreau) forme un duo improbable et jouissif avec le tueur à gage gauche et très gentil, incarné par Bouli Lanners, comédien inclassable, déjà succulent dans l'excellent «J'ai toujours rêvé d'être un gangster». Leur chemin croise de nombreux autres fêlés du bocal dans des numéros sublimes de Benoît Poelvoorde en obsédé des attentats du 11 septembre 2001, Mathieu Kassovitz en paysan bio, Philippe Katerine en chanteur de cabaret et Albert Dupontel en «tueur» de l'Est dans une scène post générique final à ne pas rater. Les citoyens grolandais reconnaîtront, sous les traits de petits rôles, quelques fleurons de l'émission TV culte comme le Président (jugé comme étant le plus mauvais comédien du monde par Roman Polanski avec lequel il tourna une publicité pour une marque de cigarettes suisses) ou l'inénarrable Bernard-Henri Siné.Ce que l'on aime dans les oeuvres issues du Groland, c'est que tout le monde ose et joue la carte de l'audace avec succès. Et les mots qui viennent à l'esprit entre deux fous rires sont : «Je n'ose y croire, c'est pas vrai, ils ont osé,»A côté de ce sens de l'humour ravageur et ravageant, les auteurs se permettent des scènes émotionnellement audacieuses, car souvent à la limite du mauvais goût, mais toujours efficaces. Niveau mise en scène, les deux compères nous offrent quelques cadrages sublimes comme la conversation dans la cabine téléphonique ou ce plan quand Louise et son tueur passent discrètement devant l'immeuble de la société incriminée. Ils jouent à maintes reprises sur l'effet comique sonore hors-cadre dont l'exemple le plus révélateur est la longue séquence d'arrivée dans le camping du tueur. Et la construction sous forme de quête est parfaitement maîtrisée. On y rajoute une chute géniale et on obtient un ovni rare et donc précieux, une manière, en ces temps moroses, de se laisser complètement aller, grâce à cette folie hargneusement salvatrice.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc de "VICE"

Participer