Critique

Black

 
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Black second long métrage du tandem de réalisateurs belges Adil El Arbi et Bilall Fallah est l’adaptation de deux livres éponymes écrits par Dirk Bracke et publié en 2008. L’oeuvre, destinée aux jeunes et aux adolescents, est un drame facilement exportable sous d’autres latitudes. L’auteur est un spécialiste des bandes urbaines et s'est notamment basé sur des histoires vraies pour rédiger ses ouvrages.

Si le fil conducteur du récit de Black est la romance entre Marwan (Aboubakr Bensaihi) et la jeune Mavela (Martha Canga Antonio) qui va rapidement apprendre Les conséquences de sortir avec un membre d'un gang rival. Au plus près des personnages, la caméra de Adil El Arbi et Bilall Fallah capture le progressif et insidieux lavage de cerveau que son gang fait subir à Mavela. Black s’affirme comme le premier film de son genre dans le cinéma belge mais ce drame est universel; la rivalité entre minorité décrite dans ce film fait songer, tant par le thème central que par le contexte à un West Side Story du 21ème siècle.

Qui mieux que de jeune issus de l’immigration pouvaient aborder un sujet aussi délicat? Adil El Arbi et Bilall Fallah sont deux jeunes cinéastes de 27 et 29 ans, flamands d'origine marocaine. Après des études au sein de l'école de cinéma Saint-Lukas de Bruxelles, le tandem met en scène des courts métrages avant de réaliser leur premier film très remarqué, Image. Le duo de réalisateurs belges, Adil El Arbi et Bilall Fallah, ont réalisé Black en ayant La Haine de Matthieu Kassovitz comme référence. Pour les cinéastes, le sujet reste absolument actuel dans les quartiers et pas uniquement en Belgique. Au vu des récents attentats, la résonance de leur film avec l’actualité est évidente. Le tandem de cinéastes aime traiter des thèmes de gangs, des cités difficiles et des problèmes multiculturels dans leurs films. Black a d’ailleurs été tourné dans les quartiers de Matonge et de Molenbeek, tristement célèbre depuis quelques mois.

Certaine facettes de sujets si brûlants auraient pu paraître graveleuses, souvent dominées par le sexe et la violence, mais la caméra du duo de cinéastes n’est pas partiale et les difficiles patrouilles de la police à la recherche d’indices de première main dans le côté obscur de Bruxelles, au sein des quartiers où l’immigration récente a connu une explosion tant en nombre qu’en férocité parmi les gangs d’adolescents. Les délits se succèdent et font partie du quotidien de ces jeunes désoeuvrés qui commettent des vols à l'arraché tel Marwan (Aboubakr Bensaihi), dont le frère est à la tête d'un groupe de jeunes amis marocains qui s’appellent les 1080s.  Par souci de crédibilité et d’autenticité, les metteurs en scène ont préféré travailler avec des acteurs non professionnels; Ils ont ainsi organisé des castings sauvages à Bruxelles.

Quand son frère aîné Nassim (Soufiane Chilah) est incarcéré, Marwan est laissé plus ou moins en marge, sans personne pour l'avertir combien il serait dangereux de poursuivre son béguin pour Mavela, la fille congolaise effarouchée qu'il rencontre, et qu’au sein du gang prime le code d'honneur et de loyauté avant les sentiments. Quelle audace pour deux jeunes mécréants de tomber en amour!

Film coup de poing, Black entraîne ses spectateurs dans une immersion brutale, abrupte et sans concession, dans un univers méconnu ou connu à travers les lunettes des médias. Rien ne nous est épargné - une scène de viol en tournante - et, si certaines scènes ébranlent notre confort embourgeoisé, Black suscite une réflexion en corrélation avec les attentats de Paris et de Bruxelles.

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