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Le Bon Gros Géant

 
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En tant que créateur de certains des films pour enfants les plus emblématiques jamais faits, Steven Spielberg a plus ou moins imaginé tout un langage visuel pour satisfaire et nourrir l’émerveillement enfantin. Quand vous voyez des faisceaux de lumière bleu-blanc coulée à travers le brouillard dans E.T., par exemple, vous savez que vous êtes dans un film de Spielberg. Il est l’un des rares réalisateurs qui savent jouer des lumière dans le cinéma pour approfondir le mystère plutôt que de le dissiper tel un Feu Follet, vous attirant plus profondément dans le rêve. Son nouveau film, The BFG (Le Bon Gros Géant), très attendu sur la Croisette, ne déroge pas a la règle et saurait vous faire rêver si vous avez garde cette part d’enfance qui nourrit l’imagination.

Inspiré par un classique parmi les livres pour enfants écrits par Roald Dahl, l’histoire relate l’amitié improbable entre une fillette, orpheline, et Le Bon Gros Géant ou The Big Friendly Giant, joué ici avec malice par Mark Rylance, qui chasse durant la nuit les rêves, en particulier ceux des enfants, au moyen d’une trompette et les conserve dans des flacons. Spielberg, quant à lui, a été inspiré pour faire Rencontres du troisième type par ses souvenirs d’enfant quand il regardait tomber une pluie de météorites avec son père, et pour E.T. L'extra-terrestre par un ami imaginaire qu'il avait créé pour faire face au divorce de ses parents.

Le géant cultive les rêves comme son potager, avec amour, mais ne peut faire face aux exactions de ses congénères qui accumulent les horreurs sans vergogne ni remord. Sa nouvelle amie, Sophie (Ruby Barnhill), une jeune fille orpheline qui l'attrape lors de son travail nocturne et qu'il emmène au Pays des Géants, voit en lui sa bonté et sa générosité et non sa démesure, de prime abord effrayante.

L'adaptation de Spielberg du roman de Dahl recourt à ce qu’il y a de meilleur actuellement dans le cinéma pour créer des effets spéciaux remarquablement réussis, aboutissant à un accomplissement technique de poids: la technologie extraordinaire de la capture de mouvements, ce qui permet d’étendre la performance humaine de Rylance aux proportions géantes.

On oublie rapidement ces prouesses technologiques pour accompagner cette fillette et ce géant dans leurs pérégrinations, explorant des paysages étonnants et magiques. Il faut garder à l’esprit que ce film, tout comme le roman éponyme, est destiné à un très jeune public, et non aux adultes, ce que les journalistes présents ce matin lors de la projection ont certainement oublié puisque nombreux sont ceux qui ont quitté la salle en cours de projection. Pourtant, bien des moments du film étaient savoureux, en particulier la rencontre de la Reine d’Angleterre, magnifiquement interprétée  par Penelope Wilton, à Buckingham Palace avec Sophie et the BFG. Le scénario, parfait, écrit par la regrettée Melissa Matheson (E.T.), traite les mots de Dahl de matière rayonnante et drolatique, les retravaillant subtilement. Avec son velouté sonore, ses couleurs chatoyantes qui rappellent le glaçage de gâteaux, sa sensibilité et son ton plein d’esprit, l’élaboration de cette géographie imaginaire et ce paysage magique, le film de Speilberg n’a rien a envier au Magicien d Oz ni à Alice au Pays des merveilles, entretenant les remous du mysticisme romantique. Comme Sophie, 11 ans, Ruby Barnhill est une héroïne "dahlienne" idéale: vaillante, intelligente, entêtée et un visage qui miroite avec étonnement.

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