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L'âge de glace: Les Lois de l'univers

 
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Ice Age: Collision Course, est le cinquième chapitre dans ce qui est devenu l'une des sagas les plus attendues dans l'histoire de l'animation numérique. Cet épisode débute par un prologue effronté et spectaculaire, rappelle 2001, l’Odyssée de l’espace, où Scrat, l'écureuil facétieux aux dents de sabre, crée accidentellement le système solaire. Il est assis dans un désert gelé, à la poursuite de - quoi d'autre? - son fameux gland qui est toujours destiné à jaillir hors de ses griffes. Seulement maintenant ce précieux écrou vient se coincer dans un levier de commande... qui exploite une soucoupe volante...  qui a été congelé dans un glacier. La séquence qui suit pourrait être décrite comme la rencontre entre Terrence Malick (dans The Tree of Life, bien évidement !) et Tex Avery: quand Scrat frappe sur le levier et libère le navire spatal, il tire dans l'espace et provoque une réaction en chaîne qui frappe les planètes comme des boules de billard, de la même manière que Scrat divise les continents. Le Big Bang apparaît sous nos yeux.

Scrat a été préent, bien sûr, à partir du premier épisode Ice Age, en 2002. et sert d’évident fil conducteur. Peu importe combien de fois nous voyons Scrat, son caractère maniaque, sa quête affamée et insatiable du gland tant convoité et son énergie maintiennent ce rongeur éternellement vigoureux et juvénile. Plus qu'uen simple mascotte, il dégage une force de vie primordiale. Avec Collision Course, il redevient l'âme créatrice de a saga, une sorte de diablotin démiurge des films Ice Age.

Collision Course est une comédie cosmique sur la fin du monde. Ce chapitre semble avoir été fait avec une joie contagieuse. Même la concurrence animée, Finding Dory et La Vie secrète des animaux, peuvent inquiéter les créateurs d’Ici Age, leur créativité campe solidement sur l’ère glacière.

Cette foi-ci, ils effectuent un retour dans les déserts préhistoriques enneigés, où les spectateurs retrouvent leurs fidèles amis: Sid, le paresseux névrosé au zézaiement attendrissant (John Leguizamo), Diego le tigre grincheux (Denis Leary), et, bien sûr, Manny le mammouth laineux (Ray Romano) et sa femme, Ellie (Queen Latifah), dont la fille, Peaches (Keke Palmer), est sur le pont de se marier  avec un mastodonte nommé Julian (Adam Devine). Manny a des doutes sérieux sur le sérieux de l’engagement de sa fille à cet hipster volubile qui veut l'emmener loin de ses parents. Toute cette partie sur les préparations de la cérémonie, avec moult allusions à l’union parentale, fait beaucoup référence aux pratiques des Etat-Unis et peut laisser les spectateurs européens indifférents, voire l’ennuyer.

Alors que Scrat, encore flottant dans l'espace, menace l'existence même de la Terre en déclenchant une pluie de météorites et que ses occupants réalisent le danger, Buck, la belette britannique borgne,  fait son retour du troisième film Ice Age pour diagnostiquer la catastrophe ainsi que suggérer la façon dont ils peuvent éviter la fin du monde. C’est là que nos comparses se mettent  à voyager dans la vallée où les météores ont toujours frappé la Terre, au coeur d'un espace magnétique puisque il est question de la force moléculaire. Précisons que des ptérosaures vindicatifs sont inquiétants et pourraient effrayer le premier public auquel ce divertissement et destiné: les enfants.

Ces deux éléments viennent faire ombrage à la créativité qui est pourtant la carte de visite de la saga Ice Age. Même si le premier épisode laissait augurer de beaucoup d’inventivité, la chasse aux idées semble être un peu à bout de souffle. Est-ce le filon commercial qui pousse les créateurs à poursuivre la saga?

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