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The Neon Demon

 
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En 2011, Nicolas Winding Refn était le chouchou des fréquentateurs du Festival de Cannes, son film Drive ayant séduit la presse et le jury présidé par Robert De Niro, qui lui donna le prix de la mise en scène. Deux ans plus tard, le Danois retourna sur la Croisette avec un long métrage troublant et abstrait, Only God Forgives, qui ne fit pas l'unanimité (la preuve: les deux avis de la rédaction de ce site). L'histoire se répète encore une fois en 2016, avec The Neon Demon, un soi-disant film d'horreur qui se déroule dans le monde de la mode. Un film où on retrouve des scènes de cannibalisme et nécrophilie. Un film plein de mort, que le cinéaste a dédié à son épouse, Liv. Or, en danois, "liv" signifie également "vie". On peut donc imaginer que Refn ait voulu créer une sorte de jeu de mots, en signant un film qui est, paradoxalement, dédié "à la vie". 

The Neon Demon est un film qui défie les attentes, et l'hommage/blague dans le générique de fin en est un très bon exemple. Ceux qui souhaitent voir un film d'horreur au sens traditionnel du terme seront déçus, car le suspens est aussi abstrait que le film lui-même, et les scènes mentionnées avant sont plutôt du côté du ridicule (volontaire). Keanu Reeves, le visage le plus connu dans un groupe d'acteurs talentueux, est choisi pour un rôle qui lui permettrait, en principe, de déchaîner son côté le plus trash, mais cette promesse n'est maintenue qu'à moitié. La satire sur la mode et sur le style de vie californien est, elle, quasiment inexistante, car tout a déjà été dit à ce sujet. Il y a quand même la fameuse réplique: «La beauté n'est pas tout. C'est la seule chose.» Une phrase qui s'applique très bien, avec le second degré, au film qu'on vient de voir.

Plongés dans un voyage chromatique séduisant et bizarre, on peut se demander, bien sûr, si ce n'est qu'une moquerie de la part de Refn. Et la réponse est peut-être «oui». Mais de l'autre côté la passion viscérale du cinéaste pour le domaine dans lequel il travaille est évidente, et celà justifie cette énième expérience sensorielle en sa compagnie. On sort de la salle remplis de joie, ou de colère. Peu importe, il suffit que l'on ait une réaction forte, et cette oeuvre ambitieuse et, d'un certain point de vue hilarante, garantit que l'indifférence ne soit pas à l'ordre du jour. Que l'on aime ou déteste, Refn est devenu lui-même une marque (voir le générique du début), dont la place dans l'histoire du cinéma aura un statut assez particulier. 

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