Critique

Folles de joie

 
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S’apparentant à un Thelma et Louise à l’italienne, La pazza gioia de Paolo Virzi qui signe  l'une de ses plus belles œuvres, a été très applaudi à la Quinzaine des réalisateurs.

Beatrice Morandini Valdirana et Donatella Morelli sont deux femmes différentes, opposées et punies par la vie. Leur seul défaut est leur soif de liberté, la volonté de vivre leur vie en dehors des modèles et des conventions. Elles se retrouvent dans une communauté thérapeutique pour les femmes souffrant de troubles mentaux, après avoir fait réagir le monde qu'il ne les comprenait pas et les jugeait. La première est une femme bourgeoise raffinée et pédante, la seconde une jeune femme populaire et directe Elles ne se supportent pas de prime abord, mais finalement, elles découvriront de la fragilité en chacune d’elle. Toutes deux, mues par la folie, entament un voyage qui va les amener à visiter les lieux et rencontrer les personnes les plus importantes de leur vie. Ce film nous fait songer à ceux de Dino Risi ou Monicelli et la grande époque de la comédie italienne des années 60.

Il est agréable d'imaginer que le but de leur voyage n’est pas tant le monde d'aujourd'hui mais l’histoire spécifique de ce tandem de femmes, des petites gens comme aime à les dépeindre Paolo Virzi qui prouve être un grand metteur en scène sachant scaner la population féminine, à l'exclusion du Capital humain (2014) qui est en fait l’adaptation d'un roman Il accompagne ses personnages avec une extrême douceur et une attention empreinte de lucidité féroce. Chez Virzi, le passé sert à décrire un monde sordide dont les protagonistes romantiques deviennent des héroïnes des temps modernes, capables de sortir de la moyenne et d’avoir le courage d'être soi, capables de courir avec le vent dans les cheveux, sans crainte de mettre en péril leur vie déjà bien gâchée. Le réalisateur restitue un travail harmonieux et parvient à créer la surprise que ce soit dans la photographie, l'assemblage des plans, la musique de son frère jumeau Carlo, ou encore dans l'écriture, exécutée ici avec Francesca Archibugi.

Le choix des actrices est judicieux prouvant qu’elles sont capables de couvrir tous les registres: mélodramatique, comique, tragique, intime et même aventureux. Elles se révélant des interprètes extraordinaires: difficile défi de trouver un film où Valeria Bruni Tedeschi est si belle et sympathique, même dans le sens étymologique de souffrir ensemble. A ses cotes, la femme du cinéaste, Micaela Ramazzotti, a l'instinct et le talent appropriés pour nous plonger dans ce mélange d'innocence et de désespoir, d’amour et d’inconscience qu’il faut avoir pour échapper au monde.

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