Critique

The Neon Demon

 
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Ce qui agace au sortir du dernier film de Nicolas Winding Refn c’est non seulement le long métrage lui même, mais aussi, et surtout, son accueil hypocrite de la part d’une clique en mal de publicité qui y voit du génie, sous le prétexte du premier degré de la chose, ce qui est paradoxalement son énorme faiblesse. Deux mots viennent à l’esprit à la fin de la projection: esthétisant et lourdingue.

Pendant 1h30 on assiste, dans un ennui abyssal fait de clichés et à l’imagerie digne des pires événements liés à la mode, à l’apprentissage de modèle de Jesse, une jeune provinciale mineure naturellement belle venue tenter sa chance à Los Angeles et jalousée par ses consoeurs déjà en place, toute refaites d’une manière ou d’une autre. On nous pousse dans un monde froidement sexy et racoleur puisqu’il paraît que c’est cela qui plaît: sexe et violence. La premier contrat de Jesse la met en scène dans une séance photo où elle joue une fille égorgée vêtue d’une robe bleue brillante. L’envers du décor ne vas pas plus loin en nous infligeant un motel crasseux tenu par un gérant libidineux et pédophile.

Mais comme la production a jugé, dans une erreur monumentale, de nous avertir bien à l’avance dans l’immense café du commerce qu’est le résautage social, que The Neon Demon était un film d’horreur, on l’attend de pied ferme. Et elle vient telle une armée de panzer à la charge dans la dernière demie-heure qui enchaîne les scènes les plus ridicules dont on vous épargnera ici le contenu tellement il n’en vaut pas la peine. Rarement sur un écran le symbolisme n’aura été aussi indigeste et consternant de stupidité provocatrice, afin de satisfaire les esprits les plus retords, ceux qui pensent qu’il est de bon aloi d’affirmer une perversion et un goût prononcé pour le malsain qu’ils n’assument toutefois pas. Plus le film avance et plus il s’enfonce dans cette médiocrité chère aux contradicteurs qui aiment briller dans les salons en pensant être, à tort, à contre-courant.

On assiste ici impuissant au phénomène extrême inverse de l’étalage de la sacro-sainte émotion, en subissant une provocation dont la lourdeur n’a d’égale que la facilité. Dans les deux cas, on ne s’adresse pas à l’intelligence de son spectateur, mais à ses instincts les plus bas, et c’est affligeant.

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