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Money Monster

 
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Pour son quatrième film en tant que réalisatrice, Jodie Foster a choisi le pamphlet. Celui-ci est double, puisque l'interprète de Nell fait feu à la fois du monde de la finance et de ses effets dévastateurs sur les petits actionnaires, mais aussi de la société actuelle, connectée en un réseau monstrueux qui a totalement redessiné notre façon de vivre et de nous comporter.
C'est sur cette seconde cible que Jodie Foster réussit le plus son ouvrage, nous proposant un instantané du monde actuel dont le mode de fonctionnement ne passe plus que par le virtuel. La manière dont Foster en dépeint la déliquescence n'a d'égale que le reflet monstrueux que le film nous renvoie de nous-mêmes. En gros, le long-métrage aurait pu s'appeler "Comment Internet m'a tué". Car à force de youtube, de dailymotion et de vidéos virales, la société contemporaine devient doucement mais sûrement un succédané d'un monde pas si ancien que cela...
Sauf que... Sauf qu'aux effets néfastes du net, reste l'homme. Et in fine, les maux les plus irréparables lui seront toujours imputables. Le personnage incarné par George Clooney assène d'ailleurs dans les dernières minutes du film au responsable du désastre financier objet de l'intrigue qu'au-delà des algorythmes réglementant le marché, au-delà des chiffres boursiers qui défilent à longueur de journée en bas de nos téléviseurs, c'est avant tout l'homme et son irrépressible désir de fraude qui conduisent les petits actionnaires à leur perte. Charge peut-être grossière, mais il faut parfois taper fort pour faire entendre son discours.

Money Monster
constitue donc un film qui certes ne révolutionnera pas le genre (ni celui du film d'otages, ni celui de la dénonciation du monde de la finance) mais qui restera avant tout comme une peinture pertinente et finalement assez effrayante de notre monde. Parfaitement rythmé, infusant dans un suspense très maîtrisé, le dernier-né de Jodie Foster vaut clairement le détour, d'autant plus que la réalisatrice se refuse au happy end, ce qui est assez rare pour être souligné.

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