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Above and Below

 
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Un étudiant en cinéma suisse apporte son point de vue extérieur sur les conditions de vie de SDF américains dans son documentaire Above and below. Durant deux heures,  Nicolas Steiner se livre à une sorte d’étude respectueuse mais désespérément linéaire de cinq Américains vivant en marge de la société.

La plupart de ces Américains est tombée dans l’oubli et l’intention du film pouvait sembler bienvenue pour leur rendre une légitimité et leur donner la possibilité de s’exprimer. Dans son film de fin d'études, Nicolas Steiner effectue un plongeon hypnotique dans les psychés endommagés de cinq personnes flottant en marge de la société américaine. Un couple vit dans le tunnel de drainage de Las Vegas malgré les risques incessants d’inondation. Une jeune femme déterminée à être parmi le premier équipage à coloniser Mars effectue des missions d’entraînement dans le désert du Nevada. Un  homme, Dave, le plus attachant de tous, vit dans un ancien bunker de l’armée et sillonne le désert avoisinant, dénichant palourdes fossilisées et traces de scorpions. Le documentaire de Steiner se concentre sur cinq personnes qui ne rentrent tout simplement pas dans le moule du monde moderne.

Progresivement, sans doute par accoutumance à la caméra de Nicolas Steiner, les personnes se livrent et révèlent des bribes de leur passé: elles ont une famille, de enfants, des petits-enfants. 

Le film a remporté un succès tonitruant dans les festivals et est considéré comme l’une des découvertes cinématographiques les plus remarquables de l’année, sans doute pour avoir réussi la prouesse de faire parler avec dignité des personnes qui ont choisi de se retirer de la société. Dans une certaine mesure, ces "acteurs" improvisés semblent tous se donner à une performance pour la caméra qui les oblige à se livrer à une chronique qu nous laisse sur notre faim, ne révélant pas les causes et les conditions qui ont amené ces personnes à se retrouver dans une telle situation, retirés du radar de la société. Sans le moindre sens de la dérision, Steiner embrasse les détails souvent comiques de leur vie tout en révélant la manière dont ils semblent choisir leurs priorités. Par exemple, Dave ne manque jamais un coucher de soleil, et il voit la beauté là où d'autres gens ne pensent pas  regarder.

Malgré les bonnes intentions du réalisateur, on reste dépité par la lenteur et la linéarité du film qui ne creuse pas pour poser les bonnes questions. Alors que la générique de fin apparaît sur l’écran, on se demande ce qu’un tel film peut apporter.

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