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Les Visiteurs - La Révolution

 
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Aux USA, la machine à fric tourne autour de l’invasion des super-héros qui batifolent dans des produits à la morale plus que douteuse se basant sur la vengeance ou la suprématie dans des écrins sans âmes et sans pertinence où tout est factice et sérieux, quand ce n’est pas juste vulgaire. En France, ce sont les comédies populaires qui servent à faire tourner la machine à billets et Les Visiteurs: La Révolution en est le dernier exemple. Comme leurs homologues hollywoodiens qui sont malheureusement devenus des modèles de référence, la production et la distribution du dernier film de Jean-Marie Poiré ont jugé que l’oeuvre ne devait pas être montrée à la presse avec ce toujours fallacieux et populiste prétexte: le public est le meilleur juge, entre autres balivernes inconsistantes. Mais attention pas toute la presse, les médias qui sont partenaires ou qui louent de l’espace à la promotion de l’objet ont eu droit de le voir, mais peut-on encore parler de presse à ce niveau et d’indépendance de jugement?

Le risque avec un comportement tellement hautain et de se mettre à dos une partie peu réfléchissante de la profession qui va se venger de cette manière de faire en descendant le film sans autre argument. A l’heure où la qualité d’un produit cinématographique se juge à son budget alloué, il est grand temps de revenir à l’essence même de la fonction de critique: émettre un avis sur l’oeuvre montrée et non sur sa fabrication, ses ragots ou ses implications commerciales.

Et c’est dommage car sans cet état d’esprit faible et frileux on peut trouver un certain intérêt à ce troisième épisode qui se termine par une pirouette des plus pertinentes. Coincés en pleine Révolution Française, Godefroy de Montmirail et Jacquouille la fripouille sont perdus entre leur essence moyenâgeuse et ce qu’il ont appris dans leur expérience moderne, qui est ici le futur. Il faut une certaine connaissance de cette période charnière de l’Histoire pour apprécier toutes les subtilités qui émergent dans la gouaillerie chère à la série, abusant un peu trop de la trivialité, mais dont l’humour est toujours efficace par sa frontalité et son jeu sur le contraste.

Jean Réno assume parfaitement la fatigue de son personnage car les deux compagnons vieillissent de plusieurs années en quelques heures à force d’être enfermés dans les couloirs du temps. Christian Clavier qui est à la base des scénarios de la saga, campe un Jacquouille fidèle à lui-même, trivial, grande gueule et cherchant l’émancipation dès qu’il en a l’occasion. Le film est un peu poussif avant de prendre la vitesse supérieure et se clore par une pirouette maligne, augurant un quatrième épisode prometteur quant à un ton sagace, en raison de l’époque choisie et de la position perspicace de la descendance des deux héros.

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