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Tout pour être heureux

 
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Pour son nouveau film Tout pour être heureux, Cyril Gelblat  réunit Manu Payet, Audrey Lamy et Aure Atika.

Adaptant le livre de Xavier de Moulins, Un coup à prendre, ce film a une résonance toute particulière pour le réalisateur récemment devenu père. Mais ici, le protagoniste est un jeune quadragénaire dilettante, égoïste, égocentrique et insatisfait qui s'épanouit dans sa vie professionnelle mais délaisses ses filles et néglige sa femme. Tout pour être heureux aborde un phénomène de société assez récent: les pères qui se féminisent à la naissance de leur premier enfant et s’investissent, voire se surinvestissement,  dans leur rôle de père!

 Les cinéphiles qui connaissent Cyril Gelblat se remémoreront que son premier film, Les Murs porteurs, traitait déjà des thématiques de la transmission intergénérationnelle, de la place du père et de la mère au sein de la famille et de la relation entre les parents et leurs enfants. 

Infantilisé et déresponsabilisé par sa femme Alice, Antoine ne se prive pas de la tromper en se livrant dans une histoire sans lendemain. Lorsqu’Alice décide de divorcer et lui confie leurs enfants quelques jours par semaine, Antoine est d’abord submergé puis se découvre des qualités de "mère juive" insoupçonnées.

Sans prétention, avec justesse et pertinence, le film de Cyril Gelblat décortique les heurts du couple qui s’étiole au fil des ans, de la routine et des négligences pour sombrer dans une crise insurmontable. Trop de non-dits, de rancoeur, de lassitude, l’érosion des sentiments, voilà ce que Cyril Gelblat aborde dans Tout pour être heureux. Dans l’interprétation de son personnage, Manu Payet semble très à l'aise avec la batterie, ce qui lui donne une crédibilité dans les scènes musicales, et pour cause, puisque l'acteur se passionne pour cet instrument et est donc habitué à en jouer. Dans le rôle de sa soeur et confidente, Aure Atika livre une interprétation sobre et pondérée. Et dans le rôle de la femme d’Antoine, Audrey Lamy se libère enfin de son jeu limité et convenu de Scènes de ménage pour, une fois n’est pas coutume, une prestation plus nuancée et plus convaincante qu’à l’accoutumée et qui rappelle son excellent jeu dans Polisse.

Pourtant, malgré tous ces éléments engageants, on reste sur notre faim un fois que le générique de fin se met à défiler. On aurait souhaitait plus de relief et moins d’événements prévisibles et convenus dans le scénario.

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